Pistes de réflexion s’adresse à tout public qui désire découvrir l’art contemporain et sa mise en exposition. Cette section propose de l’information brève et synthétique sur le concept de l’exposition, les artistes et les œuvres présentées à la Galerie. On y retrouve une présentation générale, des pistes de questionnement et de réflexion, ainsi que des suggestions de liens Internet et des références bibliographiques qui permettent d’avoir une idée globale de la pratique de ces artistes, de leurs œuvres et du commissariat qui les rassemble. Pistes de réflexion cherche d’abord et avant tout à inviter le public à venir à la Galerie faire l’expérience des œuvres dans l’exposition en cours afin de mieux comprendre les enjeux de la mise en exposition contemporaine. Lorsque les expositions sont terminées, Pistes de réflexion devient un lieu de documentation particulièrement utile pour les étudiants et chercheurs qui s’intéressent à la programmation de la Galerie.
FILIATIONS CONCEPTUELLES.
Sophie BÉLAIR CLÉMENT, THÉRÈSE MASTROIACOVO,
Damian MOPPETT, Daniel OLSON, Pavel PAVLOV, Charles STANKIEVECH,
Chih-Chien WANG
Exposition produite par la Galerie Leonard & Bina Ellen avec
l’appui du Conseil des Arts du Canada.
Commissaire : Michèle Thériault
COMMENTAIRE DE LA COMMISSAIRE
Depuis une dizaine d’années, on assiste à
une résurgence sans précédent du conceptuel
en art. Il ne s’agit pas vraiment du triomphe de l’art
conceptuel (du milieu des années 60 à la première
moitié des années 70) sur d’autres mouvements
artistiques, car le discours éclaté actuel sur le
rapport de l’art à la vie et au domaine public, emmêlé
aux forces redoutables et frénétiques du marché,
rendent une telle proposition sans objet. Cette résurgence
démontre plutôt la résistance et la polyvalence
des stratégies du conceptualisme et sa capacité
de travailler (et d’être travaillé par) une
diversité de pratiques artistiques – dont certaines
sont paradoxalement « non conceptuelles » –,
qui incitent à revoir et à repenser le contexte
d’origine et les œuvres qui en découlent. C’est
précisément ce que plusieurs critiques et historiens
ont accompli dans des ouvrages et des analyses qui tentent de
retracer l’héritage du conceptualisme et de repenser
ses objectifs. Par ailleurs, il est assez paradoxal que plusieurs
œuvres d’art actuelles comportent des éléments
et des approches conceptualistes, étant donné l’échec
de certains aspects du programme de l’art conceptuel, à
savoir son inaptitude à toucher un public élargi
et non initié, et à transformer efficacement l’appareil
institutionnel de l’art. En outre, plusieurs artistes de
la fin des années 70 et du début des années
80 rejetèrent l’art conceptuel parce qu’il
ne leur ouvrait pas de nouvelles possibilités d’engagement
artistique. Le canadien Jeff Wall est passé au pictorialisme
monumental, ne trouvant pas de nouvelles voies d’exploration
du sujet social dans l’art conceptuel de la fin des années
60 et du début des années 70, déclarant qu’il
tuait le langage et que son médium (fiches, dossiers, classeurs,
etc.) avait un « aspect de mausolée1 ». Néanmoins,
cette forme d’art, et les activités plus souples
et immatérielles de Fluxus au cours des années 60
et 70, ont remis en question l’appareil institutionnel de
l’art comme jamais auparavant, lui offrant des structures
alternatives pour son existence au sein de la société.
De plus, l’art conceptuel a ébranlé l’hégémonie
du visuel, ouvrant la voie à des formes d’art non
optiques.
Plusieurs raisons expliquent pourquoi tant d’artistes choisissent
aujourd’hui le conceptualisme, ou au moins certaines de
ses stratégies. Parmi celles-ci, se trouve l’incontestable
caractère critique qui sous-tend l’art conceptuel.
Ses exigences par rapport aux notions conventionnelles de signature,
de réception et d’objet lui ont conféré
un statut particulier au sein du milieu de l’art, et ont
incité plusieurs artistes, à l’émuler,
à y emprunter des éléments ou à le
travailler à contre-courant. Le recours de l’art
conceptuel à des matériaux liés à
l’information, avant même que les technologies de
l’information n’aient complètement pénétré
nos vies, a crée un cadre de référence très
séduisant pour les artistes qui cherchent des manières
de « faire œuvre » dans une économie de
travail immatériel. Un autre point d’intérêt
parmi plusieurs autres est son économie de moyens, qui
lui a conféré une grande adaptabilité : sa
capacité de révéler des complexités
sous-jacentes au moyen d’un dispositif, d’un concept
ou d’un processus simple en apparence.
Bien entendu, rien ne revient sous la même forme : le conceptualisme
constitue une catégorie beaucoup plus large et variée
que l’art conceptuel historique. En réalité,
le caractère englobant du conceptualisme, nourri aujourd’hui
par le féminisme, le post-colonialisme, le postmodernisme,
l’esthétique relationnelle, la nouvelle temporalité
du filmique et du sonore, a eu un effet bénéfique
sur la réévaluation du mouvement historique, faisant
éclater les limites de son caractère exclusif. Cette
ouverture marque toutes les œuvres de l’exposition
Filiations conceptuelles, qui travaillent le conceptualisme
de diverses manières. Plusieurs de ces œuvres font
directement référence, sous la forme d’une
apparente recréation (Clément / Michael Snow; Mastroiacovo
/ William Wegman, Sol LeWitt, Dan Graham, Mel Bochner; Olson /
David Askevold; Stankievech / Bruce Nauman), ou indirectement
(Pavlov / Nauman), ou par la citation (Moppett / Michael Asher,
Ed Ruscha) à une œuvre-concept ou processuelle. D’autres
encore n’entretiennent pas ce type de lien avec l’art
conceptuel tels qu’Olson, Stankievech et Wang, mais se situent
néanmoins dans sa foulée. Finalement, les œuvres
de Moppett insèrent des citations directes dans un ensemble
qui paraît nier les principes fondamentaux ayant présidé
à la réalisation des œuvres citées.
Le réinvestissement, les citations et les allusions qui
parcourent l’exposition Filiations conceptuelles
témoignent de l’efficacité durable du mode
conceptuel en ce qui a trait à la présentation des
grandes problématiques de l’art. Toutefois, un examen
plus attentif révèle aussi les contradictions, les
déviations et les mutations du conceptuel, qui forment
le point de départ d’un ensemble de nouvelles possibilités
critiques.
1. Jeff Wall, Dan Graham’s Kammerspiel, Toronto,
Art Metropole, 1991, p. 19
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
ALBERRO, A. (2003). Conceptual Art and the Politics of Publicity.
Cambridge, Mass. : MIT Press.
ALBERRO, A. et S. Buchmann, dirs. Art After Conceptual Art.
Vienna : Generali Foundation, 2006.
ALBERRO, A. et B. Stimson, dirs. (1999). Conceptual Art :
A Critical Anthology. Cambridge, Mass. / London : MIT Press.
CAMNITZER, L., J. Farver et R. Weiss, dirs. (1999). Global
conceptualism : points of origin 1950s-1980s. New York :
Queens Museum of Art.
DE SALVO, D. dir. (2005). Open Systems: Rethinking Art
c.1970. London : Tate Publishing.
GINTZ, C. et al. (1989). L'Art conceptuel, une perspective
: 22 novembre 1989-18 février 1990. Paris : Musée
d'art moderne de la ville de Paris.
GOLDSTEIN, A. et A. Rorimer. (1996). Reconsidering the Object
of Art: 1965-1975. Cambridge, Mass. / London : MIT Press;
Los Angeles : The Museum of Contemporary Art.
MORGAN, R. C. (1996). Art into Ideas : Essays on Conceptual
Art. Cambridge : Cambridge / New York : Cambridge University
Press.
NEWMAN, Michael et J. Bird, dirs. (1999). Rewriting Conceptual
Art. London : Reaktion Books.
SCHLATTER, C. (1990). Art conceptuel, formes conceptuelles
= Conceptual art, conceptual forms. Paris : Galerie 1900-2000;
Galerie de Poche.
Sophie Bélair Clément
Thérèse Mastroiacovo
Damian Moppett
Daniel Olson
Pavel Pavlov
Charles Stankievech
Chih-Chien Wang
|
SOPHIE BÉLAIR CLÉMENT
Sophie Bélair Clément vit à Montréal.
Elle détient une une maîtrise en arts visuels
et médiatiques de l’UQÀM. Son travail
a été présenté lors d’expositions
individuelles au Québec depuis 2003 dont récemment
au Espace d’art et d’essai Occurrence (2008).
Elle a participé à des programmes vidéo
au Canada et en France dont au Festival International du
Film sur l’Art (commissaire : Nicole Gingras). Son
travail sera diffusé prochainement au Lobe (Chicoutimi)
ainsi qu’à Dazibao (Montréal) suite
à une résidence de production à PRIM.
Dans un travail performatif que je transmets par des documents
vidéo, sonores, graphiques et textuels, je souligne
des éléments parasites qui se situent généralement
hors de l’attention, quoique omniprésents.
Je m’intéresse aux situations de quasi-immobilité
et tente de faire coïncider les gestes et la voix d'un
corps avec celui de ses voisins (êtres humains ou
machines). Mon travail révèle les décalages
et les ratés de ces exercices d’accords. Je
m’intéresse à la fois à la fonction
qu’est celle de nommer et à la relation
particulière qui peut être établie entre
le nom d’un auteur cité et ce qui est souligné
ou exclu de l’attention face à l’œuvre
étudiée. Je mets l’écoute en
scène.
L'ŒUVRE
See you later / Au revoir: 17 minutes en temps
réel, 2008, 18 min
Avec la participation de David Jacques
Projection vidéo, son
La vidéo à l’étude est "See
you later / Au revoir (1990) de Michael Snow dans laquelle
un plan panoramique d’une durée de 30 secondes
d’un homme quittant son bureau est ralenti à
17 minutes. Dans une lente performance pour la caméra,
la scène est rejouée en temps réel
ralenti.

Sophie Bélair Clément avec la participation de David Jacques, See you later /
Au revoir: 17 minutes en temps réel, 2008
Avec l’aimable concours de l’artiste.
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de cette œuvre, vous explorez :
- le son et sa matérialité
- les notions de durée, de mobilité,
de physicalité et de théâtralité,
et la façon dont elles fonctionnent et interagissent
dans cette oeuvre
QUELQUES QUESTIONS
- Quel est le rôle de la caméra dans cette
recréation de See you later / Au revoir de Michael
Snow?
- De quelle façon les éléments
de traduction et de précision entrent-ils en jeu
dans cette oeuvre?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
LIAISON, revue interculturelle d’art et de littérature, automne 2006, Bruxelles : La Lettre volée.
CHARRON, M-È. (2007). « Concert tout en blanc. » Le Devoir,, 15-16 décembre 2007, p. E6.
LA CHANCE, M. et C. Dumais, dirs. (2006). Os Brûlé, Chicoutimi : Éditions La Clignotante.
THÉRÈSE MASTROIACOVO
Thérèse Mastroiacovo est une artiste visuelle.
Dans sa pratique, elle fait appel à une grande variété
de techniques, dont la vidéo, le son, l’installation,
la photographie, la sculpture, le dessin et la performance.
Thérèse enseigne aux départements de
Computation Arts et Studio Arts de l’Université
Concordia. Elle siège au conseil d’administration
d’Optica, un centre pour l’art contemporain,
et de Kore, un ensemble de musique contemporaine et expérimentale.
Elle a exposé au Canada et à l’étranger.
Ses oeuvres ont récemment été présentées
à la Mercer Union (Toronto, 2007), à la galerie
Articule (Montréal, 2007) et des expositions sont
en préparation à la RMIT Gallery (Melbourne,
2008) et à Cast (Hobart, en Tasmanie, 2008).
L’oeuvre de Thérèse Mastroiacovo porte
sur l’art lui-même en tant que notion, sur le
processus artistique comme méthodologie. Elle traite
du rapport précaire entre l’art et sa propre
définition, relation tantôt ouverte largement,
tantôt à moitié, ou juste entrouverte
à une reclassification selon le moment. Les niveaux
changeants d’ouverture créent un espace interstitiel,
espace qui laisse place aux chemins de traverse, aux processus
et aux démarches. Son oeuvre se situe là,
dans un univers de potentialité, créé
au coeur de structures existantes. C’est cela –
cette grande, grande chose posée là, dans
toute sa simplicité – qui rend son travail
à la fois familier et insaisissable.
LES ŒUVRES
Thérèse Mastroiacovo présente une
série de dessins et une vidéo, chaque pièce
revisitant une oeuvre d’art du passé. De cette
diversité de disciplines émerge une unicité
de regard émanant d’une perspective commune,
la lecture singulière du document réactivé
par un processus de réinvention. Cette lecture traverse
l’ensemble de l’oeuvre, de la page à
sa marge, du cadre vers l’intérieur, faisant
des aller-retour entre la position de chacun des deux artistes.
Untitled (William Wegman), 2001, 58 s
Vidéo monobande sur moniteur, son
Référence : William Wegman Selected Works:
Reel 1 (1970-72)

Thérèse Mastroiacovo, image tirée
de Untitled (William Wegman), 2001.
Avec l’aimable concours de l’artiste.
Viewing from a single vantage point est une série d’oeuvres conceptuelles
redessinées à partir de l’information
référentielle qui donne à chacune son
propre contexte. Les dessins sont créés en
tant qu’oeuvre d’art et non comme élément
critique, esthétique ou documentaire, bien qu’ils
empruntent certainement un peu aux trois.
Viewing from a single vantage point (Figure 108), 2007-2008
Mine de plomb sur papier
Référence : Sol LeWitt, Open Modular Cube, 1966

Thérèse Mastroiacovo, Viewing from a single vantage point (Figure 108), 2007-2008.
Avec l’aimable concours de l’artiste.
Viewing from a single vantage point (Figure 20), 2007-2008
Mine de plomb sur papier
Référence : Mel Bochner Working drawings and
other visible things on paper not necessarily meant to be
viewed as art, 1966
Viewing from a single vantage point (Figure 29), 2008
Mine de plomb sur papier
Référence : Dan Graham, Roll, Rehearsal, 1972
Viewing from a single vantage point (Figure 120), 2008
Mine de plomb sur papier
Référence : Jan Dibbets, Perspective Correction,
1969
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de ces œuvres, vous explorez :
- la réactualisation d’oeuvres conceptuelles
par des dessins à la mine de plomb exécutés
laborieusement à la main
- la perspective ou le point de vue et comment
cette notion est explorée dans le travail de Mastroiacovo
sur les oeuvres qu’elle revisite
QUELQUES QUESTIONS
- Quelle forme prend l’appropriation par Mastroiacovo
d’oeuvres d’art existantes et quel en est
l’effet?
- Comment le dessin redéfinit-il les oeuvres
d’art avec lesquelles Mastroiacovo a choisi de travailler?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
ARNOLD, M. (2007). Corrine Carlson: Record Jacket, Thérèse Mastroiacovo: Art Now, Toronto, Mercer Union.
GHAZNAVI, C. (2002). hello fellow artists, Montreal, Optica.
TOUSIGNANT, I. (2002). Video Killed the Video Star, Hour 14 mars au 20 mars, p.29.
DAMIAN MOPPETT
Damian Moppett naît à Calgary, en Alberta en 1969, et il obtient
sa maîtrise en beaux-arts de l’Université
Concordia en 1995. Son oeuvre est reconnue à l'échelle
nationale et internationale. Il vit et travaille à
Vancouver, où il est représenté par
la Catriona Jeffries Gallery.
Damian Moppett crée des pièces qui questionnent
les notions de « qualité » et les concepts
de « maîtrise » en art, en tentant d’éviter
les critères d’esthétique et de conceptualisation
traditionnels en fonction desquels sont évaluées
la compétence et les techniques artistiques. Sa très
grande maîtrise de techniques différentes met
en évidence la fine démarcation existant entre
les processus artistiques et les produits finis. L’oeuvre
de Moppett est foncièrement référentielle
(tant dans la forme que dans le contenu), analytique, et
souvent franchement conceptuelle. Il utilise le dessin et
l’aquarelle non seulement pour produire des objets
esthétiques, mais aussi comme un moyen littéral
de représenter ses influences culturelles et de montrer
en quoi leur sujet a marqué sa production artistique.
LES ŒUVRES
Dans le cas de ces œuvres Damian Moppett utilise le dessin et l’aquarelle
non seulement pour produire des objets esthétiques,
mais aussi comme un moyen littéral de représenter
ses influences culturelles et de montrer en quoi leur sujet
a marqué sa production artistique.
Artforum with Mike Kelley’s ‘Foul Perfection: Thoughts on Caricature’,
2003
Graphite on paper

Damian Moppett, Artforum with Mike Kelley’s ‘Foul Perfection: Thoughts on Caricature’, 2003
Collection Rennie, Vancouver.
Robert Rauschenberg (Goat), 2003
Mine de plomb sur papier
Cy Twombly, 2003
Mine de plomb sur papier
Hollis Frampton (self portrait as), 2004
Mine de plomb sur papier
Trailer (Denman Island), 2004
Mine de plomb sur papier
G. Hutchen's Anagama Kiln on Denman Island #1, 2005
Aquarelle sur papier
G. Hutchen's Anagama Kiln on Denman Island #2, 2005
Aquarelle sur papier
Hollis Frampton in his Wittgenstein T-shirt, 2005
Aquarelle sur papier

Damian Moppett, Hollis Frampton in his Wittgenstein T-shirt, 2005
Collection Rennie, Vancouver.
Sasquatch Symposium, 2005
Aquarelle sur papier
Collection of Pottery on Table, 2005
Aquarelle sur papier
Franz West's Adaptive, Circa 1974, 2005
Aquarelle sur papier
The Lake Worth Monster as Photographed by Sallie Ann Clarke,
2005
Mine de plomb sur papier
Treehouse on Denman Island, 2006
Aquarelle sur papier
Ed Ruscha and Mason Williams (Royal Road Test), 2004
Mine de plomb sur papier

Damian Moppett, Ed Ruscha and Mason Williams (Royal Road Test), 2004
Collection Rennie, Vancouver.
Michael Asher, Project in Munster, 2004
Mine de plomb sur papier
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de ces œuvres, vous explorez :
- l’idée de « maîtrise » en relation avec
son identité d’artiste interdisciplinaire
- les façons dont Moppett se construit une histoire de l’art
personnelle en sélectionnant, réinventant et assemblant des moments
d’histoire, des personnes et des artefacts
QUELQUES QUESTIONS
- Quel est l’effet produit par la juxtaposition dans la présentation
de ces oeuvres?
- En quoi les notions de temps, en particulier l’interaction entre
passé et présent, sont-elles importantes dans la présentation
de ces oeuvres?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
O'BRIAN, Melanie. Impure Systems and the Chaos of the Anti Urban. Mix 27.3 (2001/2002) : 24-27.
OLSON, Christopher. Damian Moppett. Border Crossings 24.2 (2005) : 99-101.
PAPARARO, J. , J. WELCHMAN ET N. HEISLER. (2005). Damian Moppett : The Visible Work. Vancouver : Contemporary Art Gallery.
DANIEL OLSON
Né en 1955 en Californie de parents canadiens,
Daniel Olson est d’abord diplômé en mathématiques
et en architecture avant d’obtenir en 1986 un baccalauréat
en beaux-arts du Nova Scotia College of Art and Design (Halifax)
et en 1995 une maîtrise en beaux-arts de l’Université
York (Toronto). L’oeuvre d’Olson – qui
regroupe sculptures, multiples, installations, photographies,
performances, livres d’artiste et productions audio
et vidéo – a fait l’objet de nombreuses
expositions et est documentée dans plusieurs catalogues.
Olson est représenté par Birch Libralato à
Toronto. Il vit et travaille à Montréal.
Je suis un artiste visuel d’inspiration conceptuelle
qui travaille de façon expérimentale, pluridisciplinaire.
Ma pratique est constituée principalement de réactions
exploratoires à des éléments puisés
à différentes sources et que je manipule :
histoire personnelle, culture populaire et vie quotidienne;
histoires et technologies des arts, du cinéma, de
la photographie et de la musique; domaines de la littérature,
de la philosophie, des mathématiques, du langage
et des langues. Ces explorations nourrissent la production
d’un corpus éclectique et interrelié,
avec des projets qui se manifestent sous forme d'installations,
d’objets multiples et uniques, de livres d’artiste,
de photographies, de performances et d’oeuvres vidéo
et audio. Comme fil conducteur, je suis guidé par
un désir de créer des oeuvres simples qui
évoquent des possibilités complexes à
partir de matériaux ou d’événements
ordinaires.
LES ŒUVRES
Rubber Ball[s], 2001, 40 min
Vidéo monobande sur moniteur, son
Rubber Ball[s] est une vidéo dans laquelle je suis
assis à un bureau, avec en main une balle faite de
bandes élastiques que j’enlève, une
à la fois, tout en façonnant en même
temps une nouvelle balle à partir des bandes que
j’ai prélevées sur l’originale.
Il s’agit d’une tâche fondamentalement
futile, puisque j’arrive à la fin avec l’objet
que j’avais au début, bien que l’on puisse
comprendre que la nouvelle balle est une version «
inversée » de l’originale. Cette oeuvre
est dédiée à David Askevold qui, dans
beaucoup de ses premiers films et vidéos, se livre
à des actions idiosyncrasiques devant une caméra
fixe.
![Rubber Ball[s]](../images/filiations_olson_1.jpg)
Daniel Olson, image tirée de Rubber Ball[s], 2001.
Avec l’aimable concours de l’artiste.
12!, 1996
Jeu de 12 plaques provenant de xylophones jouets, boîte,
carton imprimé, mousse
12! est un multiple constitué de douze plaques de
métal provenant de xylophones jouets, disposées
dans une boîte avec un texte d’accompagnement.
Ce texte présente le concept mathématique
des factorielles – la factorielle d’un nombre
entier donné n est 1 x 2 x 3 x . . . x n, qu’on
écrit n! – et donne le nombre de façons
différentes dont on peut permuter n objets. Il suggère
ensuite qu’en lançant les douze plaques de
métal sur une surface dure, on obtient une mélodie
de douze notes et qu’il existe ainsi, selon le concept
des factorielles, 12!, soit 479 001 600 possibilités
de mélodies différentes.

Daniel Olson, 12!, 1996.
Avec l’aimable concours de l’artiste.
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de ces œuvres, vous explorez :
- les façons dont Olson examine l’évocation
de possibilités complexes dans son oeuvre
- la relation entre caméra vidéo,
performeur et action
QUELQUES QUESTIONS
- Comment silence et son interagissent-ils dans l’oeuvre
d’Olson?
- Le temps et l’espace sont-ils des éléments
importants dans cette oeuvre? Si oui, pourquoi et comment?
Si non, pourquoi?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
DUBÉ, P. Lumière spectrale propos sur les partialités de Daniel Olson. Spirale 210 (2006) : 12-13.
HATT, G., M. ARNOLD ET C. RITCHIE. (2000). Small World. Lethbridge : Southern Alberta Art Gallery, Cambridge : Cambridge Galleries, Sackville : Owens Art Gallery.
RITCHIE, C. (1999). Waste Management. Toronto : Art Gallery of Ontario.
PAVEL PAVLOV
Pavel Pavlov travaille l’installation photographique
et vidéo. Il détient une maîtrise en
sciences économiques et une autre en arts visuels
et médiatiques. Depuis 2002, son travail a été
exposé à Montréal, Québec, Toronto.
Actuellement, il écrit une thèse de doctorat
sur la photographie conceptuelle de plein air dans les années
1960-70 et enseigne à l’École des arts
visuels et médiatiques de l’UQAM. Il vit et
travaille à Montréal.
Le thème central de mon travail est le paysage. Je
m’intéresse à la tension entre sa structure
contextuelle à multiples couches (histoire, économie)
et son unité en tant qu’image délimitée
par un cadre. Mon approche procédurale est ancrée
dans l’héritage des pratiques minimalistes
et conceptuelles des années 1960-70. Je ne produis
pas d’images uniques mais des séries où,
comme dans les chaînes d’assemblage, chaque
image existe en lien à la précédente
et à la suivante. En raison de mon approche procédurale,
je considère mes propositions visuelles comme des
machines qui reconstruisent l’espace réel par
une perception simultanée de plusieurs points de
vue.
L'ŒUVRE
Projet pour un panorama fragmenté de
la Pointe Saint-Charles à Montréal, 2008
Installation video à deux canaux, 8 min en boucle.
Le panorama traditionnel commémore souvent un événement
historique en créant une fiction picturale à
360 degrés. Dans Projet pour un panorama fragmenté
de la Pointe Saint-Charles à Montréal (2008),
deux caméras vidéo tracent une forme géométrique
en guise de monument à un lieu industriel et à
son histoire invisible (en 1847, plusieurs milliers d’immigrants
Irlandais malades de typhus y furent hospitalisés,
puis enterrés ; en 1967, il abritait l’Autostade
d’Expo’67).

Pavel Pavlov, Projet pour un panorama fragmenté de
la Pointe Saint-Charles à Montréal, 2008.
Avec l’aimable concours de l’artiste.
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de cette œuvre, vous explorez :
- Comment Pavlov fait usage de multiple points de vue
et comment ceux-ci interviennent sur le paysage qui est
documenté
- Comment différentes notions de l'histoire sont
inscrites dans un site et comment elles se révèlent
à nous
QUELQUES QUESTIONS
- De quelle façon cette oeuvre questionne-t-elle
les notions de temps et d’histoire au travers des
tensions existant entre passé et présent?
- Cette oeuvre est située dans un environnement
très particulier : un terrain de stationnement
en milieu urbain. En quoi est-ce un facteur important
dans cette création de Pavlov?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
LUSSIER, R. (2005). Territoires urbains. Montréal : Musée d’art contemporain de Montréal.
PAQUET, S. (2006). La tyrannie paysagère. Ciel Variable 73, 2006, pp. 30-31.
Parking Lots. Mix Magazine 28.3, 2003, p. 16.
CHARLES STANKIEVECH
Artiste et auteur d'essais sur l'art, Charles Stankievech
oeuvre dans les domaines du cinéma, de l'architecture
et du son. En équilibre entre le questionnement philosophique
et l'exploration de la matière, son travail allie
subtilement histoire des idées et histoire des technologies.
Son travail a été récemment présenté
dans le magazine Leonardo (MIT Press), à la 10e Biennale
d'architecture de Venise, au Centre des arts de Banff, ainsi
qu'au Subtle Technologies de Toronto, au Eyebeam de New
York et au Planetary Collegium à l’ Angleterre.
Stankievech détient une maîtrise en arts plastiques
de l'Université Concordia et un baccalauréat
spécialisé en anglais et en philosophie. Il
partage son temps entre Montréal et Dawson City (Yukon)
où il enseigne à la School of Visual Arts
(SOVA), associée au Klondike Institute of Art and
Culture (KIAC).
Maintenant, il y a un gros nuage blanc au-dessus de tous
ces jours, de tout ce temps indescriptible (indicible).
Tout ce qui reste à décrire (dire), c'est
encore et toujours un nuage, deux nuages, ou de longues
heures d'un ciel parfaitement clair,d'un rectangle blanc
et net, émaillé de trous de punaises (trous
dépingles) sur le mur de ma chambre. C'est ce que
j'ai vu en ouvrant les yeux que j'ai asséchés
de mes doigts : le ciel clair et puis, un nuage qui est
entré dans mon champ de vision par la gauche et a
glissé gracieusement et lentement devant moi avant
de disparaître sur ma droite. Et puis un autre, et
pour changer à un moment donné, tout est devenu
gris, formant comme un seul et énorme nuage gris,
et soudain les gouttes de pluie se sont abattues en clapotant.
L'espace d'un long moment, j'ai vu la pluie couler sur le
tableau, comme un flot de larmes inversé et, petit
à petit, le cadre est devenu clair, peut-être
le soleil s'est-il montré, et les nuages sont revenus,
deux à la fois, trois à la fois. Et les pigeons
de temps à autre, et une hirondelle ou deux. ~ Julio
Cortazar
LES ŒUVRES
Untitled (March 24th), 2008
Carte postale, impression offset sur paper, édition
de 1000
Untitled (March 24th), est une édition
de 1000 cartes mises à disposition du visiteur. Au
verso de chaque carte, figure une adresse Internet où
l’on peut télécharger la bande sonore.:
www.stankievech.net/untitled

Charles Stankievech, Untitled (March 24th), 2008.
Avec l’aimable concors de l’artiste.
Get Out Of My Head. Get Out Of My Mind., 2008
Son stéréophonique pour écouteurs sans
fil, 6 min en boucle
J’ai réinterprété Get Out
Of My Mind. Get Out Of This Room. (1968) de Bruce Nauman
et je l’ai remixé pour des écouteurs
sans fil. À la différence de l’original,
Get Out Of My Head. Get Out Of My Mind. (2008)
nie l’architecture et explore la relation unique entre
l’espace virtuel et la psychotopologie.
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de ces œuvres, vous explorez :
- l’utilisation des écouteurs et la spécificité
de l’espace ou de l’environnement sonores
qu’ils créent
- la juxtaposition de l’image et du son
virtuel et comment celle-ci contribue à ce qui
est révélé et à ce qui est
occulté
QUELQUES QUESTIONS
- Comment l’activité individuelle est-elle
abordée dans cette oeuvre, et quelle en est l’importance?
- Quels types de tensions entre matériel
et immatériel retrouve-t-on dans cette oeuvre?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
Charles Stankievech, site Internet officiel, http://www.stankievech.net/
STANKIEVECH, C. (2007). Stethoscopes to Headphones: An Acoustic Spatialization of Subjectivity, Leonardo Music Journal 17, 2007, pp. 55-59.
STANKIEVECH, C. ET M. CARRUTHERS. (2008). Constellations, Montréal : Fonderie Darling.
CHIH-CHIEN WANG
Né à Taiwan, Chih-Chien Wang vit et travaille
à Montréal. Après des études
en cinéma et en théâtre à l’Université
chinoise de Taipei, il s'établit au Canada. Il détient
une maîtrise en photographie de l'Université
Concordia. Son oeuvre a fait l’objet d’expositions
à l’échelle nationale et internationale,
et il est représenté par Pierre-François
Ouellette art contemporain.
Mon oeuvre s’intéresse à l’expérience
du quotidien. Je me sers de la vidéo et de la photographie
pour présenter les différentes textures de
la vie, incluant des préoccupations qui ont trait
à l’environnement urbain et les différences
culturelles.
L'ŒUVRE
100 Fights, 2008
Épreuves couleur
Couchés sur le même lit, on ne peut se tourner
l’un vers l’autre. On évite de se regarder
dans les yeux, de sentir l’haleine et la chaleur de
l’autre. On persiste à contempler son mur,
le mur qu'il y a en face de chacun de nous.

Chih-Chien Wang, 100 Fights, 2008 (détail)
Avec l’aimable concours de l’artiste.
EXPLOREZ
En faisant l’expérience de cette œuvre, vous explorez :
- les notions de disposition, d’environnement et
de répétition, et comment celles-ci sont
transmises ou représentées
- les façons dont sont explorées
les notions de rapport à soi, de contact et d’interaction
humains
QUELQUES QUESTIONS
- Comment fonctionne la collection ou l’accumulation
d’images dans cette oeuvre?
- Y a-t-il dans cette oeuvre un rapport entre
le matériel, ou le réel, et la fiction,
ou l’imaginaire? Si oui, quelle en est la nature
et en quoi contribue-t-il à notre compréhension
de l’oeuvre?
POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
DION, F. (2007). Combinaisons. Spirale 215, 2007, pp. 32-33.
MING WAI JIM, A. (2006). Domestic Trajectories. Ciel Variable 71, 2006, pp. 13-14.
WANG, C. (2003). From Self-Portraits. Public 30, 2003, pp. 95-100.
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Produit avec l'appui du Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.
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