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Pistes de réflexion s’adresse à tout public qui désire découvrir l’art contemporain et sa mise en exposition. Cette section propose de l’information brève et synthétique sur le concept de l’exposition, les artistes et les œuvres présentées à la Galerie. On y retrouve une présentation générale, des pistes de questionnement et de réflexion, ainsi que des suggestions de liens Internet et des références bibliographiques qui permettent d’avoir une idée globale de la pratique de ces artistes, de leurs œuvres et du commissariat qui les rassemble. Pistes de réflexion cherche d’abord et avant tout à inviter le public à venir à la Galerie faire l’expérience des œuvres dans l’exposition en cours afin de mieux comprendre les enjeux de la mise en exposition contemporaine. Lorsque les expositions sont terminées, Pistes de réflexion devient un lieu de documentation particulièrement utile pour les étudiants et chercheurs qui s’intéressent à la programmation de la Galerie.

TRAFIC : L’ART CONCEPTUEL AU CANADA 1965-1980
VOLET 1
 : MONTRÉAL + TORONTO + GUELPH + LONDON

Organisée par l'Art Gallery of Alberta, la Justina M. Barnicke Gallery (University of Toronto) et la Vancouver Art Gallery en partenariat avec la Leonard & Bina Ellen Art Gallery (Université Concordia) et Halifax, INK.

Trafic est commissariée conjointement par Grant Arnold (Vancouver Art Gallery), Catherine Crowston (Art Gallery of Alberta), Barbara Fischer (Justina M. Barnicke Gallery, Université of Toronto), Michèle Thériault et Vincent Bonin (Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia) et Jayne Wark (Nova Scotia College of Art and Design University).

Cette exposition est produite avec l'appui du Programme d'aide aux musées du ministère du Patrimoine canadien et du Conseil des Arts du Canada.


A Genuine Simulation of..., Suzy Lake, 1974. Couverture, Camérart, catalogue de l'exposition, Galerie Optica, Montréal, 1974.


INTRODUCTION

Le mouvement artistique le plus transformateur de la fin du vingtième siècle, l’art conceptuel, est devenu un phénomène mondial des décennies avant qu’il ne soit popularisé par une nouvelle génération d’artistes au début du vingt-et-unième siècle, et bien avant qu’il ne fasse sensation dans les médias grâce, notamment, au spectaculaire prix Turner, en Angleterre.

Au cours des quelque dix dernières années, l’impact mondial de l’art conceptuel, tout particulièrement dans ses manifestations en Amérique latine, en Asie et en Europe, a fait l’objet de nombreuses études et expositions historiques. Au Canada, cependant, l’attention portée à l’art conceptuel a été limitée, une histoire de l’art « murmurée » parmi artistes et auteurs dans des publications alternatives et dans des centres d’artistes autogérés – avec des études d’institutions particulières ou d’artistes individuels, mais sans expositions ou publications majeures permettant de rendre compte de l’effet pancanadien du mouvement.

Trafic. L’art conceptuel au Canada 1965-1980 est la première exposition majeure à explorer l’influence et la diversité de l’art conceptuel au Canada. Elle réunit des œuvres en provenance des quatre coins du pays et témoigne de l’importante implication des artistes dans l’émergence de ce phénomène mondial. Au Canada, comme le montrent les œuvres de cette exposition, l’art conceptuel a pris forme dans une variété de manifestations complexes et rigoureuses dont les propos reflètent les besoins et les intérêts locaux particuliers d’artistes individuels, de collectifs et de communautés artistiques. L’exposition, qui représente plus de soixante-dix artistes canadiens et internationaux, offre également un aperçu de quelques-unes des institutions les plus dynamiques du mouvement, soit les réseaux d’artistes et les centres d’artistes autogérés.

Tant au Canada qu’à travers le monde, l’art conceptuel porte la marque indélébile du trouble politique d’après-guerre qui, dans les années 1960, a donné naissance aux manifestations anti-guerre, ainsi qu’aux mouvements d’étudiants, des femmes, des droits civiques et de libération sexuelle. Il a également été façonné par l’émergence des nouvelles technologies de l’information telles que le téléviseur, le télécopieur et l’ordinateur. Dans son « tournant linguistique », le mouvement conceptuel, qui s’opposait à la notion voulant que l’art soit simplement une question d’expression individuelle, d’habileté particulière, ou de considérations visuelles et formelles, mettait l’accent sur l’art en tant qu’idée.

Les artistes ne voulaient plus simplement ajouter d’autres objets (peintures, sculptures, monuments) à un monde déjà débordant, d’autant plus que les nouveaux systèmes d’information, les nouvelles technologies et les nouveaux dispositifs d’enregistrement, telle que la caméra vidéo, offraient des possibilités bien plus intéressantes et stimulantes. Affirmant qu’il n’était plus nécessaire qu’une œuvre soit réalisée pour exister, l’art conceptuel est devenu une sorte de méta-art, prenant la forme d’énoncés et d’écrits à propos de l’art lui-même et interagissant de manière critique avec les nouveaux systèmes de production de sens à l’âge des médias de masse, au moyen d’un déploiement de matériel imprimé et de formats considérés aujourd’hui comme les précurseurs des réseaux numériques.

S’attardant au langage, au corps, au lieu et à la géographie – tous des éléments constitutifs et des thèmes premiers de l’art conceptuel à travers le monde –, Trafic est organisée autour de centres urbains et régionaux du Canada, et cherche à capter les échanges effervescents, et souvent controversés, qui les relient.

 

MONTRÉAL

TORONTO +
GUELPH +
LONDON



Produit avec l'appui du Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.
   
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