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CUT
Raymond Gervais, Je suis venue pour écouter / I have come to listen, 2006. Installation avec boîtiers à CD, papier, texte et lampes de poche (détail).
Photo : R.-M. Tremblay
Raymond Gervais, Via Marconi, 1998. Installation photographique, Galerie Leonard & Bina Ellen.
Photo : R.-M. Tremblay
Christof Migone, Interval (version 2006). Installation avec amplificateurs et dessins, Galerie Leonard & Bina Ellen.
Photo : R.-M. Tremblay
Christof Migone, Pastime (20 - 60) et Pastime (27 - 57), (version 2006). Vidéos en boucle sur écran LCD, son; Galerie Leonard & Bina Ellen.
Photo : R.-M. Tremblay
Jocelyn Robert, L’origine des espèces, 2006. Installation avec photographie et haut-parleurs, Galerie Leonard & Bina Ellen.
Photo : R.-M. Tremblay
Jocelyn Robert, In Memoriam Joseph Grand, 2005. Le Quartanier, Montréal, Leonard & Bina Ellen Art Gallery.
Photo : R.-M. Tremblay

CUT rassemble trois artistes québécois qui travaillent l’installation, le son et la performance autour de la notion et de l’acte de couper. Raymond Gervais, Christof Migone et Jocelyn Robert présentent chacun une installation inédite. Gervais confronte son et silence, obscurité et illumination, Migone creuse la notion de l’espace et du temps intersticiels alors que Robert s’intéresse au mutisme de l’image et au registre sonore du silence.

COMMENTAIRE DE LA COMMISSAIRE

À partir des interventions de Raymond Gervais, Christof Migone et Jocelyn Robert, l’exposition CUT réfléchit sur la coupe qui s’effectue de « milles manières » dans l’œuvre et dans son processus de réalisation. Coupures, interruptions, suppressions, arrêts, divisions, résistance, pénétrations, raccords, juxtapositions, re-formulations : un ensemble d’activités rythmiques autour desquelles l’œuvre se fait et existe, aboutit à un sens ou à un non-sens. CUT évoque autant le « choc » que suggère la coupe que les multiples coupures qui ont lieu dans un processus tel que le montage cinématographique qui résulte en une re-structuration du temps et de l’espace.

Abordées sous cet angle les installations de Gervais, Migone et Robert nous font réfléchir non seulement à ce qui est là : est vu, écouté, senti, pensé; mais à ce qui n’est pas là. À tout ce qui a mené le processus artistique à en arriver là.

– Michèle Thériault, commissaire

Commissaire : Michèle Thériault

Une production de la Galerie Leonard & Bina Ellen

LES ARTISTES

Raymond Gervais

Depuis plus de 30 ans, Raymond Gervais réalise des performances, des concerts et des installations qui mettent en œuvre l’univers de la musique et de la littérature. Il s’est principalement intéressé aux motifs du disque, du tourne-disque et du boîtier CD afin d’explorer les notions de son, de silence, de temps. Il est également l’auteur d’un nombre considérable d’articles portant sur l’histoire de la musique et sur l’art visuel.

LES ŒUVRES

Je suis venue pour écouter / I Have Come to Listen, 2006.

Des extraits du texte de Samuel Beckett Pochade radiophonique (1961) ainsi que de sa traduction par l’auteur Rough for Radio I (1961) sont imprimés sur un ensemble de boîtiers de CD disséminés sur trois murs. Placée dans l’obscurité totale, cette installation ne peut être découverte que partiellement au moyen de l’éclairage d’une lampe de poche manipulée par le spectateur.

Via Marconi, 1998.

L’œuvre Via Marconi est composée de deux photographies. L’une d’elles donne à voir l’appareil de transmissions télégraphiques inventé par le physicien italien Gugliemo Marconi. Cette photographie est habitée par un espace carré blanc; une section de l’image ayant été retranchée. Cette partie prélevée qui représente la plaque de métal servant à la transmission du message télégraphique compose la seconde photographie.

Explorez

  • Les relations entre la vue et l’écoute, le regard et le son, la lumière et l’obscurité.
  • Les stratégies d’appropriation du travail, de la parole et des œuvres d’autres créateurs. Le travail sur la citation.
  • L’élaboration de l’œuvre à partir du fragment. L’impossibilité d’embrasser l’œuvre dans sa totalité créant ainsi une coupure, une hachure dans la vision.
  • Les notions de transmission, de captation, d’empreinte, d’enregistrement.

QUELQUES QUESTIONS

  • Malgré leur silence, les installations de Raymond Gervais évoquent le son. Selon vous, de quelle manière le son et le visuel sont-ils interreliés ?
  • Raymond Gervais se nourrit du travail des autres. Il le morcelle, le fragmente et le reconstruit de façon à le faire sien et à lui donner un sens nouveau. Quels effets produit cette fragmentation, cette appropriation ?
  • L’installation Je suis venue pour écouter / I Have Come to Listen demande une implication physique de la part du spectateur qui doit manipuler un objet afin d’expérimenter l’œuvre. Le spectateur participe-t-il de ce fait à la « réalisation » de l’œuvre ? En quoi cette manipulation modifie-t-elle notre réception de l’installation ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

BOULANGER, Chantal, Raymond Gervais: le regard musicien, Joliette, Musée d’art de Joliette, 1999.

PARÉ, André-Louis, « Sculpter l’imaginaire. Un entretient avec Raymond Gervais », Espace, nº 58, hiver 2001-2002, p. 7-15.

THÉRIAULT, Michèle, CUT. Gervais, Migone, Robert, Montréal, Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia, 2006.

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Christof Migone

Artiste multidisciplinaire, Christof Migone explore le son, le corps et leurs interrelations à travers différents médiums tels la radio, la vidéo, l’enregistrement sonore, la performance et l’installation. Depuis le début des années 1990, Migone a organisé plusieurs évènements liés à l’art sonore et radiophonique. Il a réalisé six CD solo et ses œuvres sonores se retrouvent sur de nombreuses compilations. Il dirige également sa propre maison de disque, squintfuckerpress. Christof Migone est le Commissaire invité de l’art contemporain à la Galerie Leonard & Bina Ellen pour 2007-2008.

LES ŒUVRES

Interval, 2006.

Interval est composé de 14 pièces sonores diffusées sur 14 amplis répartis dans la grande salle de la galerie. Chacune des pièces audio nous fait entendre un sujet différent qui répète son âge pendant un laps de temps correspondant à celui-ci en minutes (exemple : un enfant de dix ans répète le mot dix pendant dix minutes). Les bandes sonores ont été modifiées. 14 dessins regroupant chacun un ensemble de traits se rapportant au nombre de répétitions complètent l’installation.

Pastime, 2006.

Deux vidéos présentées sur deux moniteurs placés côte à côte reprennent en images la même activité de répétition explorée par l’œuvre Interval. Les bandes vidéos ont été modifiées par l’artiste qui intervient sur la vitesse de projection des images.

EXPLOREZ

  • Les notions d’intervalle, de séquence, de répétition.
  • Les relations et le dialogue entre les bandes sonores et leur représentation visuelle par le dessin, la vidéo.
  • Les différents débits et rythmes adoptés par les sujets qui répètent leur âge.
  • L’âge comme mesure du temps, de l’espace et comme vecteur de durée
  • L’utilisation et la manipulation de plusieurs médiums (dessin, enregistrement sonore, vidéo) pour explorer un même problème, pour rendre compte d’une même activité.

QUELQUES QUESTIONS

  • Réfléchissez au processus de création des installations de Christof Migone. En quoi l’âge y devient-il un indicateur temporel et spatial ? Comment l’acte de répétition travaille-t-il les notions de temps et d’espace ?
  • De quelle façon notre perception initiale d’un âge donné infléchit-elle notre réception des bandes sonores ? Des dessins ? Des vidéos ?
  • Les modifications effectuées par l’artiste sur les bandes sonores et sur les vidéos altèrent l’acte premier de répétition créant ainsi de nouvelles séquences, de nouvelles intervalles lors de leur projection commune dans la Galerie. Quels effets cette relecture entraîne-t-elle ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

LABELLE, Brandon et Achim WOLLSCHEID (éd.), Christof Migone. Sound
Voice Perform
, Copenhagen, Los Angeles, Errant Bodies Press, 2005.

THÉRIAULT, Michèle, CUT. Gervais, Migone, Robert, Montréal, Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia, 2006.

christofmigone.com

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Jocelyn Robert

L’œuvre de Jocelyn Robert se caractérise par l’utilisation de nouvelles technologies. L’art sonore et l’informatique sont combinés dans la réalisation d’installations, de performances et d’œuvres vidéo qui interrogent avec poésie les relations entre l’art visuel et la technologie. Jocelyn Robert trafique logiciels et programmes afin de rendre visible le son, de rendre audible l’image. Il collabore fréquemment à des projets collectifs, a réalisé et enregistré plusieurs CD audio et publie également de nombreux textes critiques et théoriques dans diverses revues.

LES ŒUVRES

L’Origine des espèces, 2006.

L’Origine des espèces est une installation sonore et photographique qui explore les notions de silence et de bruits blancs. Une image numérique montée sur Sintra représentant une dactylo des années 1930 de modèle Silent est traduite dans un équivalent sonore par substitution informatique. Les sons ainsi produits par l’image sont diffusés à travers 50 haut-parleurs qui reprennent la disposition du clavier de la machine à écrire.

In Memoriam Joseph Grand, 2005.

Jocelyn Robert met à la disposition du public son livre In Memoriam Joseph Grand (Montréal, Le Quartanier, 2005). La préface de ce petit ouvrage raconte comment Jocelyn Robert en est venu à découvrir le fameux manuscrit « inachevé » de Joseph Grand, un des personnages du roman La peste d’Albert Camus. Robert lui rend un hommage posthume en publiant l’intégralité du manuscrit.

EXPLOREZ

  • Les notions de silence, de bruits blancs et de bruits parasites.
  • La relation entre l’image et le son. Le processus de transformation de l’image en son.
  • La complexité du dispositif versus le dépouillement et la subtilité de l’effet.
  • Les notions de vérité et de manipulation des faits historiques et romanesques.
  • Le travail sur la phrase et la déconstruction du langage.
  • La réflexion sur l’objet fabriqué (livre) et sur l’objet trouvé (manuscrit).

QUELQUES QUESTIONS

  • Selon vous, les images peuvent-elles évoquer ou produire du son ? De quelles manières ?
  • L’Origine des espèces nous fait prendre conscience de la matérialité et du poids du silence. Êtes-vous attentifs aux bruits blancs (ventilation, fontaines, ordinateurs, etc.) qui habitent le silence autour de vous ? Comment ces bruits modifient-ils votre rapport au silence ?
  • Le silence est-il un son pour vous ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

DÉRY, Louise, Jocelyn Robert: L’inclinaison du regard, Montréal, Galerie de l’UQAM, 2005.

THÉRIAULT, Michèle, CUT. Gervais, Migone, Robert, Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia, 2006.

lenomdelachose.org

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POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

Publication

THÉRIAULT, Michèle, CUT. Gervais, Migone, Robert, Montréal, Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia, 2006.

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