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IGNITION 12
Yoshimi Lee, Irokawa, La montagne, 2015. Épreuve à jet d’encre. Avec l'aimable concours de l'artiste

Cette douzième édition de l’exposition annuelle IGNITION regroupe les œuvres de neuf artistes sélectionnés par Katrie Chagnon et Michèle Thériault, respectivement conservatrice et directrice de la Galerie. Mettant en dialogue des pratiques très variées sur les plans formel et conceptuel, l’exposition propose une exploration de différents systèmes qui structurent la perception, la cognition et la mémoire, ou qui conditionnent la production même de l’image, son fonctionnement intrinsèque et sa relation au contexte.

Issue du domaine de l’architecture, Andréanne Abbondanza-Bergeron manipule les coordonnées de l’espace bâti de manière à révéler les mécanismes perceptifs intervenant dans l’organisation de notre environnement physique et social. Son installation Suspensus est une imposante structure flottante composée de tuiles de plafond suspendu dont le déploiement spatial génère une expérience phénoménologique complexe. Investiguant la matérialité inhérente au processus de fabrication des images, le travail de Jérôme Nadeau préconise une approche autocritique de la photographie axée sur les procédés mécaniques, chimiques et digitaux qui la rendent opératoire en tant que réalité autonome. Dans sa série ODD OWNNESS, Nadeau a poussé le principe de reproduction photographique jusqu’aux limites de l’abstraction, nous faisant ainsi pénétrer dans la trame matérielle des images. Chez Javier Moreno Tamariz, c’est le système pictural qui fait l’objet d’expérimentations continues fondées sur l’idée d’une pensée en acte. Cet artiste envisage en effet la pratique de la peinture comme une démarche heuristique menant à la déconstruction progressive de l’espace narratif, à la décomposition des figures et, ultimement, au développement d’un nouveau langage gestuel, formel et chromatique.

D’autres artistes regroupés dans cette exposition concentrent plutôt leurs recherches sur le champ mnésique où les souvenirs se déposent, s’agencent et s’actualisent constamment en fonction du passage du temps. Dans cette perspective, l’installation vidéo Fields of Memory produite par Ivetta Sunyoung Kang, Kevin Junghoo Park et Matthew Wolkow met en tension deux registres temporels : celui de la mémoire personnelle, qui prend forme dans la durée, et celui du présent vivant, qui interrompt à chaque instant cette continuité en faisant surgir à la conscience de nouveaux événements. Empruntant les méthodes du cinéma expérimental et des nouveaux médias, ces artistes construisent un récit interculturel dont la lisibilité est brouillée par la distorsion des images, la polyphonie linguistique et le son martelé d’un site de construction. Plus intimiste, le travail narratif de Yoshimi Lee inscrit l’histoire familiale au centre d’une quête identitaire nourrie par l’expérience du déracinement. Photographies, textes et vidéo composent un univers poétique tissant des liens réels ou fantasmés entre des individus, des coutumes et des lieux porteurs d’un certain héritage culturel.

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Vincent Routhier aborde la notion de système dans sa définition plus philosophique, par la transposition visuelle de concepts mathématiques sous la forme de grands dessins géométriques. Réalisés au pochoir grâce à un procédé de pliage qui systématise l’espace de la représentation, les dessins intitulés Homothétie du carré et Duplication du carré sont des œuvres « autoréflexives » face auxquelles la contemplation se prolonge en opérations mentales de décodage. La circularité du système est une question à laquelle Tom Watson s’intéresse également de près. Chaque élément de son installation Crush and Burn, qui combine des sculptures en briques de plastiques et des modélisations 3D, découle d’une logique de transformation de l’objet manufacturé, présenté sous différents états et dans un espace hybride cherchant à fusionner les environnements physique et virtuel.

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Le programme contemporain de la Galerie Leonard & Bina Ellen bénéficie du soutien du Conseil des arts du Canada.

Produit avec l’appui du Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.

IGNITION est une exposition annuelle mettant en valeur le travail d’étudiants terminant leur maîtrise en Studio Arts et au doctorat en Humanities à l’Université Concordia. Cette manifestation est une occasion pour une génération d’artistes en devenir de présenter des oeuvres ambitieuses et interdisciplinaires dans le contexte professionnel d’une galerie au profil national et international. Ces étudiants travaillent en collaboration avec l’équipe de la Galerie afin de produire une exposition qui rassemble des oeuvres qui ont une dimension critique, innovatrice et expérimentale menant à une réflexion sur les médias et les pratiques artistiques. IGNITION est d’intérêt pour tous les étudiants et leurs enseignants, la communauté artistique et le grand public.

Andréanne Abbondanza-Bergeron

Mon travail en sculpture et en installation se conçoit comme une étude des relations spatiales et sociales. Mes œuvres questionnent, déstabilisent et, surtout, accentuent le sens que nous avons de notre présence dans un lieu physique. Je cherche à raviver chez les spectateurs une conscience de leur environnement immédiat et de leur occupation corporelle de cet espace. J’attire leur attention sur l’espace en faisant référence aux structures que nous habitons. Les œuvres deviennent alors des métaphores visuelles des différentes structures avec lesquelles nous vivons et de celles qui se prolongent au-delà de la construction de notre monde physique, qu’elles soient architecturales, urbaines, numériques, institutionnelles, linguistiques, hiérarchiques, interpersonnelles ou psychologiques.

L’OEUVRE

2015AAB_Suspensus_01Suspensus, 2015
Plafond suspendu de tuiles acoustiques, cable métallique

Avec l’aimable concours de l’artiste

D’origine latine, le mot « suspensus » évoque non seulement le fait d’être suspendu dans l’espace, mais exprime également les concepts de suspense, d’incertitude et de doute. Réalisée au moyen de tuiles de plafond fréquemment utilisées dans des immeubles commerciaux ou institutionnels, l’installation envahit et déforme par le fait même l’espace qu’elle occupe. La forme de l’œuvre crée l’illusion que l’espace lui-même est courbé, la structure semblant flotter dans le vide, en état de suspension et dénuée de toute pesanteur. Elle paraît parfaitement en équilibre, figée dans un moment de grâce avant l’inévitable écroulement.

EXPLOREZ

  • La manière dont l’installation transforme l’espace d’exposition;
  • Les sensations corporelles changeantes qui caractérisent l’expérience mobile de cette oeuvre monumentale.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

abbondanzabergeron.com

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Ivetta Sunyoung Kang / Kevin Junghoo Park / Matthew Wolkow

Nous menons tous les trois une recherche sur la dynamique de la mémoire à travers les relations interdisciplinaires qui s’établissent entre le texte et l’image, le corps et l’image et, intrinsèquement, entre l’image et celle(s) qu’elle contient. Ces thèmes sont traités dans diverses formes de cinéma – narratif, documentaire et expérimental. Dans Fields of Memory, nous explorons les possibilités que nous avons découvertes dans les formes alternatives des nouveaux médias.

L’OEUVRE

Ignition_FILEDSOFMEMORY_2Fields of Memory, 2015
Installation vidéo à deux canaux, son

Avec l’aimable concours de l’artiste

Fields of Memory est une tentative pour visualiser comment les souvenirs personnels « existent » dans la durée. Le registre visuel des souvenirs personnels – constitués d’images tirées des archives personnelles de chacun des artistes, accompagnées de narrations dans leur langue maternelle respective (anglais, français et coréen) – est perturbée par l’action puissante et répétée du martèlement métallique des travaux de construction. Toutefois, les souvenirs archivés ne prennent finalement vie qu’au présent, dans l’expérience immédiate que fait le public des effets physiques de l’œuvre, des images déformées et du martellement audiovisuel.

EXPLOREZ

  • Les multiples temporalités convoquées par cette œuvre;
  • Les rapports entre le texte et l’image dans les différents genres cinématographiques explorés par les artistes.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

cargocollective.com/ivettakang

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Yoshimi Lee

Le vécu est la matière brute de ma pratique. Le processus de création le façonne, le retravaille. J’utilise la photographie, la vidéo et l’écriture pour explorer des thèmes liés à mon identité en tant que femme déracinée. À travers le récit de ma propre histoire familiale, je cherche à comprendre comment se vit et se définit le déracinement. Des questions aussi diverses que la migration, la possession ou la non-possession d’une identité sociale, culturelle et linguistique, la patrie, le poids du passé et la mémoire – qu’elle soit réelle, inventée, recrée ou collective – sont au cœur de ma recherche.

LES OEUVRES

Maeumui gohyang, 2015-2016
Projection vidéo, son


Présentées en diptyque

Irokawa, La montagne, 2015
Épreuve à jet d’encre

Hanbok [01], 2016
Épreuve à développement chromogène


Yukata [02]
, 2016
Épreuve à développement chromogène

Avec l’aimable concours de l’artiste

Ce projet sur le déracinement se conçoit comme un recueil comportant plusieurs chapitres d’un même récit familial. Chaque volet utilise une stratégie créative distincte (photographie, écriture, vidéo et son) pour parler d’un sujet, d’une histoire ou d’un moment lié au déracinement, comme la recherche d’identité, la quête de sa patrie, la transmission de l’héritage culturel, le souvenir de l’exil. Au-delà d’une exploration personnelle de la mémoire familiale, ce travail vise à comprendre ce sentiment unique et intangible qu’est le déracinement.

EXPLOREZ

  • La dimension fictive qui intervient dans la reconstruction par l’artiste de son histoire familiale;
  • L’entrecroisement de réferences aux cultures coréenne, japonaise et québécoise dans ce corpus d’oeuvre.
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Javier Moreno Tamariz

Ma pratique se fonde sur la conviction que la pensée ne peut interagir avec la matière que dans l’action. À travers un processus qui consiste à peindre, à modifier, à effacer, à essuyer et à sabler la toile, je tente de pousser plus loin mes idées de départ et de découvrir des formes et des couleurs plus intéressantes, qui sont les traces résiduelles de tous ces changements.

LES OEUVRES

Sans titre, 2015
Huile sur toile

Sans titre, 2016
Huile sur toile

Sans titre, 2015
Huile sur toile

Sans titre, 2016
Huile sur toile

Sans titre, 2016
Huile sur toile

Sans titre, 2015
Huile et pastel sur panneau de bois

Sans titre, 2015
Huile sur toile

Avec l’aimable permission de l’artiste

Ces peintures représentent des figures humaines, animales et d’autres types de figures qui ont été déformées ou rendues méconnaissables par le travail gestuel du pinceau et l’inachèvement. Cette approche expérimentale métamorphose les figures et produit des formes et des couleurs inattendues. Perturbant la structure et le contenu narratifs de l’image, cette série de tableaux développe son propre langage visuel afin de mettre en dialogue le geste, la couleur et l’espace.

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  • Le concept de défiguration en peinture;
  • La manière dont cet artiste travaille la couleur.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

javiermorenotamarizblog.wordpress.com

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Jérôme Nadeau

Ma pratique artistique explore les limites engendrées par l’interprétation et les attentes que nous avons à l’égard des images. Intéressé à perturber leurs conventions et à redéfinir la signification habituellement acceptée de celles-ci, mon travail propose une réflexion sur le statut de l’image par rapport à sa matérialité et aux qualités inhérentes situées à l’intersection des médiums. Mon utilisation de la photographie examine les nombreux processus de production laissés généralement invisible, faisant ainsi place à une exploration de la sensibilité du médium photographique au-delà de son usage prédéterminé.

LES OEUVRES

ODD OWNNESS, 2016
Épreuves à jet d’encre sur papier archive

INSPIRIT SCRIPTS, 2015
Encres Epson K3 sur papier Kodak Supra Endura non-procédé

MILES AND MILES, 2016
Épreuves à jet d’encre sur papier archive

Avec l’aimable concours de l’artiste

Proposant de nouvelles possibilités pour la photographie – non seulement dans le but de contester sa relation présomptueuse à la réalité, mais aussi afin d’explorer son langage visuel spécifique –, la série ODD OWNNESS met l’accent sur un mode de fabrication d’images qui examine l’unicité de la photographie et ses propriétés intrinsèques. Par la reproduction répétée de celle-ci, les œuvres se fondent progressivement dans l’abstraction, créant ainsi une suite cryptique d’enquêtes, de modifications, de reconfigurations et de recontextualisations qui explore les diverses étapes de production des images.

EXPLOREZ

  • La matérialité de l’image photographique telle que révélée par ces œuvres;
  • L’approche autocritique de la photographie sur laquelle se fonde le travail de cet artiste.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

jeromenadeau.com

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Vincent Routhier

Découlant du discours philosophique et de l’approche scientifique, ma pratique conceptuelle et multidisciplinaire interroge la complémentarité possible entre l’art et la science. En envisageant la traduction comme création pure, j’élabore des systèmes qui se traduisent en de grands dessins géométriques, en formules mathématiques et en performances contextuelles.

LES OEUVRES

Duplication du carré, 2016
Papier, graphite en poudre

Homothétie du carré, 2016
Papier, graphite en poudre

Homothétie du carré’, 2016
Papier, graphite en poudre

Métadonnées homothétie, feuille de calcul, 2016
Fichier Excel

Avec l’aimable concours de l’artiste

Ces dessins de grand format proposent une traduction formelle du concept mathématique de l’homothétie. C’est en pliant plusieurs dizaines de fois le papier, et en utilisant comme pochoir une forme découpée à même la feuille, que le dessin s’élabore. Pour chaque forme imprimée à la poudre de graphite, il y a un pli. Le dessin est son propre outil et son propre plan. Le nombre de formes dupliquées définit la grandeur du dessin. Se retrouvant face à une œuvre autoréflexive et conceptuellement « parfaite », le visiteur peut retracer mentalement le processus de création, révélé par les traces de pliage, les marques de manipulations laissées par le graphite, ainsi que par l’espace négatif.

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  • La dimension reflexive et cognitive des images;
  • La relation entre le concept et les formes dans lesquelles celui-ci peut se traduire.
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Tom Watson

Ma pratique met l’accent sur le processus en tant que principe d’activation du travail artistique et comme moyen de reconfigurer conceptuellement la relation qui nous lie aux forces de réification. J’essaie de trouver un point de départ en décomposant la matérialité d’objets existants et en me laissant guider par l’intérêt qui s’en dégage. Ma méthode de travail implique de mettre simultanément à l’épreuve, sur les plans matériel et imaginaire, la tolérance qui détermine notre relation changeante aux objets.

L’OEUVRE

Tom_Watson_Crush_and_Burn_1Crush and Burn, 2016
Deux mille briques de plastique, le logiciel Blender sur deux ordinateurs MacBook Pros, deux écrans plats ACL

Avec l’aimable concours de l’artiste

Les quinze formes produites avec deux mille briques de plastique rouge disposées dans l’espace d’exposition, ainsi qu’au moyen d’un logiciel de modélisation 3D représentent les pièces de la machine servant à transformer le plastique en matière première utilisable par une imprimante 3D. Amalgamant l’environnement logiciel et l’espace physique occupé par les briques, cette œuvre tente de compresser deux espaces habituellement distincts dans les pratiques de production sur écran.

EXPLOREZ

  • La notion de système dans cette œuvre;
  • La manière dont l’artiste questionne notre relation aux objets.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

commonolithic.com

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