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METTRE EN ŒUVRE
PME-ART, Le titre est la question, 2009.
Installation vidéo.
Leisure Projects, Folie à deux, 2009. Image tirée de la vidéo, 55 mins.
Knowles Eddy Knowles, My other office is a bistro table, 2009. Installation, techniques mixtes, dimensions variables.
Avec l’aimable autorisation des les artistes.
CRUM, CRUMIFESTO, 2009.

Mettre en œuvre explore l’idée du processus collaboratif et la manière don’t il se manifeste dans les collectifs. J’ai invité les collectifs réunis ici à procéder à un examen réflexif de leurs différents processus de collaboration et à les présenter en galerie, de la façon la mieux adaptée à chacune des pratiques. Essentiellement, ce projet renverse le point de départ habituel d’une exposition et fait du processus, plutôt que des résultats finaux, le cœur de l’exposition.

Les collectifs participants à Mettre en œuvre sont tous de Montréal, plus ou moins. En les invitant, je souhaitais mettre en relief un groupe actuel de pratiques collaboratives, actives à Montréal et dont je fais moi-même partie comme membre de Leisure Projects. D’un point de vue de commissaire et d’« initiée », que j’avoue ne pas être objectif, je considère que Mettre en œuvre est en grande partie un exercice à plusieurs facettes plutôt qu’une exposition traditionnelle. J’ai laissé aux collectifs le soin de décider de la manière dont ils souhaitaient représenter leurs processus, sachant que, ce faisant, je leur demandais de prendre en charge une tâche très introspective et, pour certains peut-être, difficile. J’étais également curieuse de voir comment ces collectifs, qui se côtoient sur la scène montréalaise, réagiraient au fait d’être réunis pour partager « officiellement » leurs mécanismes internes dans un même lieu.

La manière dont les subjectivités individuelles s’unissent pour composer une seule et unique identité est transformative, créative, dynamique et multidimensionnelle. Les artistes qui travaillent ensemble développent un imaginaire collectif, une entité différente. Ce processus varie d’un collectif à l’autre : dans les collectifs de Mettre en œuvre, la structure et l’emplacement, de même que les techniques et les approches choisies varient, et ces facteurs ont tous un effet sur le processus de création.

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Par exemple, BGL produit des œuvres dont la base est solidement matérielle, PME-ART opère dans le milieu de la performance et du théâtre expérimental, Leisure Projects fusionne des pratiques commissariale et artistique, Knowles Eddy Knowles s’appuie sur une approche conceptuelle, CRUM se décrit comme un groupe de recherche et Le Club des Gentilshommes Avertis (DGC~CGD) fonctionne à la manière d’un club privé. Ces descriptions sont cependant des simplifications ; en fait, chaque collectif a une pratique complexe et continue, laquelle se nourrit sans cesse des intérêts, des compétences, des expériences et des désirs qui animent chacun de ses membres. L’échange collaboratif entre les personnalités-subjectivités individuelles est le site où se complexifie activement la production artistique. Discussion, coopération et débat se fondent pour produire quelque chose de nouveau dans un processus fascinant, riche et essentiel à la vie collective.

Toutefois, la gestion ds subjectivités individuelles et la production des œuvres dans un collectif peuvent s’avérer des tâches complexes et délicates. Des luttes de pouvoir peuvent s’ensuivre ; les membres peuvent se sentir confinés à des rôles ou à des tâches en particulier ; des directions peuvent s’esquisser que certains membres ne sont pas intéressés à emprunter ; certains collectifs peuvent parfois être aux prises avec des échanges interurbains lorsque leurs membres vivent dans différentes villes (Knowles Eddy Knowles, CRUM, PME-ART et BGL connaissent cette situation). Certains collectifs abordent de front ces enjeux potentiels et les intègrent, par exemple en donnant à chaque membre un rôle ou un titre (CRUM) ou en rédigeant un contrat social ou une charte expliquant les modalités de participation (DGC~CGD). Plus souvent qu’autrement, par contre, les collectifs tirent leur épingle de ce jeu complexe, en l’internalisant, en l’apprenant et en s’en inspirant pour élaborer des processus et des projets.

En dépit (ou en raison) de ces dynamiques interpersonnelles complexes, les collectifs sont cependant capables de produire des œuvres qu’aucun des membres ne pourrait nécessairement réussir à produire seul. Il se crée un bassin de compétences, d’expériences, de références, de personnalités et d’énergie qui, ensemble, peuvent propulser les projets dans des zones ambitieuses et inattendues. La collaboration peut apporter un niveau supplémentaire de confiance, de rigueur et, inversement, un niveau de spontanéité qu’un artiste ne s’autoriserait peut-être pas. En ce sens, les collectifs fonctionnent comme des bulles hétérotopiques, comme des espaces communautaires inventés à la fois pour l’engagement et le repli. En fait, ce n’est qu’en combinant leurs efforts que les membres d’un collectif peuvent mettre en œuvre le processus qui mènera aux propositions les plus intéressantes.

– Susannah Wesley

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Produit avec l’appui du Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.

Commissaire : Susannah Wesley

Exposition produite par la Galerie Leonard & Bina Ellen avec l’appui du Conseil des Arts du Canada.

LES ARTISTES

BGL

Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère, Nicolas Laverdière

Je suis né par accident en 1996, d’une amitié douteuse entre J. Bilodeau, S. Giguère et N. Laverdière alors qu’ils étudiaient têtes folles dans le domaine lucratif des arts plastiques. Étonnament, l’obtention d’un seul diplôme sur trois m’a ouvert les portes généreuses des galeries, centres d’artistes, musées et événements provinciaux. C’est là que j’ai appris mon métier et rencontré l’inspirante famille de l’art québécois. Tranquillement, j’en fais la promotion à l’extérieur et fais de mon mieux pour me frayer un chemin dans cette mystérieuse jungle de l’art. J’aime ça beaucoup. J’espère continuer longtemps car il fait bon débroussailler à trois.

Notre travail en galerie est souvent «installatif» et fonctionne sur la notion de parcours. En fait, nous éprouvons un réel plaisir à transformer l’espace et à placer le spectateur directement au cœur de l’œuvre. Nous cherchons par divers stratagèmes à faire oublier le cadre habituel et conventionnel où l’art est vécu afin d’abattre les distances entre l’homme et l’art en remenant le spectateur à vif, déséquilibré, prêt à vivre une expérience physique et active.

L’ŒUVRE

Préparatifs pour postérité, 2009
Croquis, photos, dessins, etc.

EXPLOREZ

  • la question de la participation et les multiples niveaux auxquels celle-ci fonctionne dans cette œuvre;
  • les façons dont sont abordées les notions de physicalité dans cette œuvre

 

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Le Centre de recherche urbaine de Montréal (CRUM)

Chris Carrière, Matt Killen, Alexandra McIntosh, Douglas Scholes, Felicity Tayler

Le Centre de recherche urbaine de Montréal (CRUM) est un groupe de recherche symbiotique (parasitique) sans lieu de diffusion précis. Il se sert des réseaux de diffusion préexistants pour présenter ses projets. Le CRUM comprend cinq artistes venant de diverses disciplines — théorie de l’architecture, gestion des ressources documentaires, conception sonore expérimentale, esthétique urbaine et entretien universel — qui partagent une passion pour l’exploration des liens entre art et espace urbain.

L’ŒUVRE

CRUMIFESTO, 2009,
Performance publique, installation, dimensions variables.

CRUMIFESTO est une performance et une installation publiques qui fait appel à la création d’un manifeste pour et par le collectif, en utilisant la technique du cadavre exquis. Employée par les surréalistes, cette technique est une activité de groupe où l’on écrit notamment une partie de phrase sur une feuille de papier. Cette dernière est ensuite pliée pour masquer en partie le texte, et passée à la personne suivante, qui continue la phrase sans savoir ce qui précède.

CRUMIFESTO est composé sur cinq machines à écrire. Instruments essentiels des environnements de bureau durant la majeure partie du XXe siècle, les machines à écrire évoquent la montée de la bureaucratie et de la circulation de l’information, ainsi qu’une présence accrue des femmes dans la population active. Une fois terminé, le manifeste va être signé et estampillé par les membres du collectif, et sera disponible pour reproduction.

Avec CRUMIFESTO, le CRUM cède la paternité de son propre énoncé d’intention artistique à l’arbitraire et au collectif, produisant en commun une déclaration publique, un appel aux armes, un credo révolutionnaire, quoique quelque peu absurde. Approuvé par le CRUM. Prêt à reproduire, diffuser et distribuer aux masses.

EXPLOREZ

  • le cadavre exquis et son importance dans cette œuvre;
  • les différents objets qui constituent cette pièce et le type d’idées qu’ils évoquent.

 

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Discriminating Gentlemen's Club ~ Le Club des Gentilshommes Avertis (DGC~CGA)

François Lemieux, Robin Simpson

Le Discriminating Gentlemen’s Club ~ Le Club des Gentilshommes Avertis (DGC~CGA) est un ordre privé établit comme collectif artistique. Sa présence est comprise en deux moments : jardins publiques, cerfs-volants, diffusion publique de films et projets éphèmères sculpturaux ou autres forment une façade publique. C’est dans l’ombre de cette dernière qu’il se ‘passe des choses’. Les documents légaux appropriés rendent une baterie de tours de force performatifs accessibles aux profanes choisis.

L’ŒUVRE

La Charte d’Association du Club Des Gentilshommes Avertis, 2009
Document encadré

Le DGC-CGA présente sa Charte d´association (Association Charter), un protocole de nature discriminatoire voulu comme un témoignage des valeurs partagées au sein du club. Cette charte régit les rôles et procédures qui y sont en vigueur, les relations du club avec les autres organismes et ses positions dans divers contextes. Elle est signée en qualité de document juridique contraignant par les membres montréalais de DGC-CGA, ainsi que par les intervenants associés à la présente exposition – consultants, personnel de la galerie Leonard & Bina Ellen et commissaire de Mettre en œuvre. En divulguant aux particuliers les mécanismes du club tout en leur limitant l’accès à celui-ci, le document fonctionne comme une représentation indiscutable d’un processus créatif à la fois partagé et privé.

EXPLOREZ

  • le document juridique comme véhicule pour l’étude de l’identité et de la pratique artistiques;
  • le club, l’ordre, le collectif, leurs caractéristiques, leurs similitudes, leurs différences, et les façons dont DGC~CGA les utilise.

 

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Leisure Projects

Meredith Carruthers, Susannah Wesley

Leisure Projects est une pratique artiste-commissaire en collaboration démarrée en 2004, et qui explore les imaginaires populaires des loisirs à travers des expositions, des performances ou des textes publiés. Leisure Projects est l’invention délirante du duo d’artiste/commissaires Meredith Carruthers et Susannah Wesley.

Nous voyons le processus de collaboration au sein de Leisure Projects comme une conversation continue et en mouvement – un dialogue entre des âmes soeurs. Si nous apportons chacune des éléments différents à la création et à l’élaboration de Leisure Projects, et que nos propres expériences de ce processus peuvent parfois être très éloignées, nous nourrissons aussi le projet d’intérêts, d’expériences et de références étonnamment similaires quant à la modélisation des loisirs. Ce cadre partagé nous donne une possibilité d’imaginer et d’inventer ensemble, avec pour résultat que nous finissons presque littéralement les phrases l’une de l’autre – en reprenant tout naturellement là où l’autre s’est arrêtée. Comme nous travaillons à Leisure Projects dans nos « temps de loisirs », la capacité à collaborer, mais aussi à se relayer, est essentielle. Quand l’une faiblit, l’autre reprend le flambeau. Cette habitude de finir les phrases l’une de l’autre se reflète ainsi également dans notre processus de collaboration.

L’ŒUVRE

Folie à deux, 2009,
Installation, techniques mixtes, dimensions variables.

Dans notre pratique, nos projets sont souvent inspirés par des images qui nous enchantent ou qui nous troublent, et qui saisissent notre imagination. Ces images deviennent pour nous des outils pour inventer des mondes qui se superposent, se font écho ou s’écartent de leurs contextes originaux. Nous construisons à partir de ces images, forgeons de nouvelles expériences, expositions et performances, de nouveaux concepts et textes. La performance/vidéo que nous avons réalisée pour Mettre en œuvre exprime la conversation visuelle constructive continue qu’est Leisure Projects, où nos subjectivités et idées individuelles se rejoignent pour créer une nouvelle entité partagée

EXPLOREZ

  • les images présentées dans Folie à deux et en quoi elles peuvent fonctionner comme outil de collaboration;
  • la nature performative de cette œuvre et les façons dont elle interpelle le spectateur.

 

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PME-ART

Caroline Dubois, Claudia Fancello, Jacob Wren

Caroline Dubois travaille en arts visuels, en performance, en danse et en théâtre. Elle collabore notamment avec Julie Favreau, Belinda Campbell, Silvy Panet-Raymond et Antonija Livingstone; elle a présenté son travail à Dare-Dare, Clark, Tangente, Théâtre La Chapelle, La Vitrine (Paris), etc.

Claudia Fancello est chorégraphe, interprète et professeure; elle collabore avec Ame Henderson/Public Recordings (Manual For Incidence et /Dance/Songs/), Martin Bélanger (Grande Théorie unifiée et L’Ère des Ténèbres) et Katie Ewald (Praise, God bless). Plusieurs des créations auxquelles elle a participé ont tourné au Canada comme à l’étranger.

Codirecteur artistique de PME-ART, Jacob Wren est auteur et créateur d’œuvres performatives déjantées qu’on a pu voir au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Asie et en Océanie. Auteur des livres Le Génie des autres et La famille se crée en copulant, il écrit également sur l’art contemporain.

Par des performances, des spectacles, des installations, des processus ouverts au public et des recherches théoriques et pratiques, le groupe interdisciplinaire montréalais PME-ART confronte sa pratique contemporaine via des collaborations artistiques locales, nationales et internationales. Combinant création, exploration, réflexion critique et dissémination avec des échanges conviviaux mais significatifs touchant divers publics, notre travail est un processus continu qui interroge la société, qui commente la situation actuelle en ayant le courage d’être à la fois direct et complexe, qui remet en question les restrictions inhérentes à la représentation.

L’ŒUVRE

Le titre est la question, 2009,
Installation vidéo.

Le titre est la question se penche sur un même processus de collaboration vu de trois angles différents. Pendant un an, les trois membres de PME-ART (Caroline Dubois, Claudia Fancello et Jacob Wren) ont exploré en jouant ensemble de la musique. Ils ne sont absolument pas musiciens, et le fait de se placer eux-mêmes en terrain inconnu était un élément essentiel de l’entreprise. La musique ici n’est pas une fin en soi, mais plutôt une manière de se rencontrer, d’aborder la thématique du travail en commun en temps réel et de prendre peu à peu conscience de la façon dont les décisions en collaboration peuvent être prises sans le recours à un langage parlé plus évident.

Dans cette installation vidéo, chacun des trois participants tente de répondre à la question : « Que tires-tu de cette expérimentation en musique? ». Leurs réponses reflètent les expériences dissemblables que peuvent vivre des personnes qui entreprennent une activité en collaboration et elles montrent également que la tentative de rendre en mots une telle expérience peut modifier celle-ci profondément. Ce faisant, des questions émergent quant à la nature de la collaboration : devons-nous avoir des expériences et des appréhensions similaires de ce que nous faisons pour pouvoir travailler ensemble? Ou bien, est-il aussi important de protéger et d’entretenir nos versions contrastantes, parfois même contradictoires, d’une expérience commune?

EXPLOREZ

  • le processus de questionnement tel qu’exprimé dans cette œuvre;
  • les notions consacrées des distinctions existant entre public et artiste de performance et comment elles sont bousculées dans cette œuvre.

 

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