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C’EST AVEC LA COURONNE QUE J’AI CONCLU UN TRAITÉ

Un projet de Kent Monkman
Kent Monkman, Mary, 2011. Vidéo haute définition.
Avec l'aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto.

Kent Monkman et Miss Chief Eagle Testickle sont de retour à Montréal afin d’occuper la Galerie Leonard et Bina Ellen. Leur projet transforme la Galerie en campement militaire dans lequel le nouveau « Canada » qui émerge de la bataille décisive des Plaines d’Abraham entre les armées françaises et britanniques (les généraux Wolfe et Montcalm) est envahi par la présence de Miss Chief Eagle Testickle, l’alter ego de Monkman.

L’exposition rassemble de nouveaux tableaux et objets (tirés de la collection de Miss Chief) et une vidéo de l’artiste ainsi que des tableaux d’époque et des artéfacts autochtones et européens provenant des collections du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée McCord d’histoire canadienne.

La chevelure, un symbole de pouvoir, et son enlèvement, un acte d’humiliation et de domination, est le fil conducteur dans cette exposition. Deux allégories bibliques, à savoir le lavement des pieds du Christ par Marie-Madeleine et la trahison de Samson par Dalila, sont associées à la bataille qui a opposé les Français à la couronne britannique et à la visite du prince de Galles à Montréal en 1860. En utilisant le référent de la chevelure, Miss Chief, l’alter ego de Monkman, évoque les rapports de trahison et d’assujetissement qui ont marqué les relations entre les Premières Nations et les colonisateurs européens

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EXPLOREZ

  • le genre, la sexualité et l’identité;
  • l’esthétique « camp » et son rôle dans cette œuvre;
  • l’impact du christianisme et de la colonisation sur les peuples autochtones;
  • l’humour et son utilisation pour déstabiliser et miner les archétypes et le pouvoir établis;
  • l’histoire de l’art canadien et ses liens avec l’histoire de la colonisation au pays;
  • la présentation et la juxtaposition d’objets muséaux historiques à des œuvres produites par l’artiste.

QUELQUES QUESTIONS

  • L’utilisation de l’espace est très importante dans C’est avec la Couronne que j’ai conclu un traité. Comment contribue-t-il au récit qui est présenté ici ?
  • Réfléchissez au personnage de Miss Chief Eagle Testickle. Qui est-elle et quelle fonction remplit-elle dans C’est avec la Couronne que j’ai conclu un traité ?
  • La chevelure sert de fil conducteur à la thématique qui parcourt cette exposition. Quel rôle joue-t-elle et comment celui-ci est-il illustré au travers des œuvres d’art, artéfacts et objets présentés?
  • Comment le passé, le présent et l’avenir sont-ils représentés dans cette œuvre ? Comment peut-on distinguer ces trois temps ?
  • Comment les images réécrivent-elles l’Histoire dans cette œuvre ?
  • Quel type de critique de la culture muséale est mise de l’avant dans l’environnement créé ici par Kent Monkman ?

 

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Kent Monkman remercie le Conseil des arts de l’Ontario de son appui.

Produced with the support of the Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.

Organisé par Michèle Thériault et produit par la Galerie Leonard & Bina Ellen.

Avec la collaboration du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée McCord d’histoire canadienne.

L'Artiste

Kent Monkman

Kent Monkman est un artiste canadien d’ascendance crie qui travaille avec diverses techniques, dont la peinture, le cinéma/la vidéo, la performance et l’installation. Son œuvre a fait l’objet d’expositions individuelles dans de nombreux musées au Canada, notamment au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée d’art contemporain canadien à Toronto, à la Winnipeg Art Gallery et à l’Art Gallery of Hamilton. Sur la scène internationale, il participe à plusieurs expositions collectives, parmi lesquelles : « Nous venons en paix… » – Histoires des Amériques, au Musée d’art contemporain de Montréal, et The American West, au Compton Verney Art Gallery dans le Warwickshire, en Angleterre. Monkman crée des performances in situ à la Collection McMichael d’art canadien, au Musée royal de l’Ontario et à Compton Verney, et réalise également des versions en super 8 de ces performances, qu’il appelle « Colonial Art Space Interventions » [Interventions coloniales dans l’espace artistique]. Ses courts-métrages et vidéos primés sont présentés dans plusieurs festivals nationaux et internationaux, dont les éditions 2007 et 2008 de la Berlinale et le Festival international du film de Toronto 2007. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées, dont celles du Musée des beaux-arts du Canada, du Musée des beaux-arts de Montréal, du Museum London, du Glenbow Museum, du Musée d’art contemporain canadien, de la Mackenzie Art Gallery, du Musée des beaux-arts de l’Ontario et du National Museum of the American Indian de la Smithsonian Institution. Il est représenté par : Bailey Fine Arts, Toronto ; Stephen Friedman Gallery, London ; TrépanierBaer Gallery, Calgary ; Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal ; Galerie Florent Tosin, Berlin.

La pratique artistique de Kent Monkman englobe peinture, installation, cinéma et vidéo. Son œuvre explore, entre autres sujets, le désir, le genre, l’histoire et l’identité. Elle aborde ces thèmes sous l’angle d’un examen des effets de la culture colonisatrice blanche et du christianisme sur les peuples indigènes et par une remise en cause de la compréhension que nous avons de notre passé au travers des représentations historiques des autochtones. Avec ses propres recréations d’images historiques illustrant la domination européenne des cultures autochtones, Monkman questionne dans son œuvre la justesse de ces représentations et du discours historique établi.

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LES ŒUVRES

C’EST AVEC LA COURONNE QUE J’AI CONCLU UN TRAITÉ


C.M. Comment se sont-ils (l’homme européen) comportés envers vous ? Qu’ont-ils fait quand ils vous ont aperçu pour la première fois ?

M.C. Bien sûr ils m’ont traité comme un objet… ce que je ne suis pas ! Bien que je sois volupteuse et sexy… je m’en lasse rapidement ! J’ai donc décidé qu’il était temps de renverser les rôles et de délaisser celui de modèle pour adopter celui de l’artiste.

“An interview with Miss Chief Eagle Testickle by Cathy Mattes,” 2008

Kent Monkman nous propose une nouvelle mise en scène ayant comme toile de fond deux événements à forte charge symbolique : l’affrontement entre Anglais et Français sur les plaines d’Abraham en 1759 et la visite du prince de Galles à Montréal en 1860.

La présence de Miss Chief Eagle Testickle, l’alter ego de l’artiste Kent Monkman, représentante de la race rouge, extravagante et séduisante figure, s’impose à nous par ses tableaux, ses objets et vêtements, et par l’image en mouvement. Elle s’immisce dans le récit et vient troubler le fil de l’Histoire et de la représentation. Dans son rôle de diva guerrière, Miss Chief s’approprie deux figures bibliques controversées, Marie-Madeleine et Dalila, évoquant par le référent de la chevelure, tout à la fois, trahison et soumission, audace et transgression.

Dans le travail de Monkman, une présence homosexuelle affirmée s’installe dans les récits et codes de représentation historiques. Son esthétique camp n’a de cesse de faire dérailler le discours colonial blanc et ses visées civilisatrices. Les outrances, la théâtralité et le caractère ostentatoire qui définissent son esthétique ont l’effet de faire ressortir, simultanément, ce qui a été rayé et effacé dans l’inscription historique de la culture autochtone, ainsi que le désir refoulé et la fascination trouble qui ont paradoxalement contribué à lui donner forme.

L’exposition est constellée d’objets d’origine autochtone et européenne ainsi que de tableaux d’époque des collections du Musée des beaux-arts et du Musée McCord d’histoire canadienne. Leur cohabitation avec les réalisations de Monkman nous amène à réfléchir au collectionnement et à comment il a façonné la représentation de l’autochtone ainsi qu’aux enjeux liés à la présentation des catégories de l’art et de la culture matérielle en musée et en galerie.

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Liste des oeuvres

Wolfe’s Haircut, 2011
Acrylique sur toile
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

Montcalm’s Haircut, 2011
Acrylique sur toile
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

The Night of September 12, 1759, 2011
Moustiquaire, peinture acrylique, chevilles en bois, strass, taies d’oreiller avec monogramme brodé, fil, trame sonore à trois canaux
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

Wolfe’s Haircut, 2011
Eau-forte
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

Montcalm’s Haircut, 2011
Eau-forte
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

Mary, 2011
Vidéo haute définition, 3 min (env)
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

Cree Leggings (Worn in the presence of the Prince of Wales), 2011
Bottes en vinyle, perles, cones en metal, cheveux synthétiques, ruban, fil
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

My Treaty is With The Crown, 2011
Acrylique sur toile
Avec l’aimable concours de Bailey Fine Arts, Toronto

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POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

Bibliographie

Kent Monkman, site internet officiel : www.kentmonkman.com

Blomberg, Nancy J., dir. 2010. Action and Agency : Advancing the Dialogue on Native Performance Art. Denver : Denver Art Museum.

Brisebois-Drouin, Josée, et al. 2008. Flagrant délit, la performance du spectateur. Ottawa : Musée des beaux-arts du Canada.

Cleto, Fabio (dir.). 1999. Camp : Queer Aesthetics and The Performing Subject, A Reader. Ann Arbor : University of Michigan Press.

Furnish, David. 2006. Kent Monkman. Interview Magazine mars, p. 136-137.

Hoolboom, Michael. 2008. Kent Monkman Miss Chief. Practical Dreamers : Conversations with Movie Artists, p. 45-54. Toronto : Coach House Books.

Lee, Su-Ying. 2008. Explorers and Dandies in an Open Letter to Canada Post : Frederick Hagan & Kent Monkman. Mississauga : Art Gallery of Missisauga.

Liss, David, Shirley J. Madill et David McIntosh. 2008. The Triumph of Mischief. Hamilton : Art Gallery of Hamilton, Toronto : Musée d’art contemporain canadien, Halifax : Saint Mary’s university Art Gallery, Calgary : Glenbow Museum, Victoria : Art Gallery of Greater Victoria.

McIntosh, David. 2006. Kent Monkman’s Postindian Diva Warrior : From Simulacral Historian to Embodied Liberator. Fuse Magazine vol. 29, no 3, p. 12-23.

Pechawis, Archer. 2008. Archer Pechawis Interviews Kent Monkman. Blackflash vol. 25, no 3, p. 52-57.

Sontag, Susan. 2010. Le style Camp. L’œuvre parle. Paris : Christian Bourgois éditeur.

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