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Constitutions
Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Sajan Mani. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Birender Yadav, Sajan Mani et Sohrab Hura. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Sohrab Hura, Scramble, 2020. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Prajakta Potnis et Sohrab Hura. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Prajakta Potnis. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Prajakta Potnis. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Sohrab Hura, The Lost Head & The Bird, 2016-2019. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Rajyashri Goody. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Rajyashri Goody, The Milk Of The Tigress, 2021. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.
Rajyashri Goody, What Is The Caste of Water?, 2017. Vue de l’exposition Constitutions à la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo : Paul Litherland.

3 novembre 2021 – 22 janvier 2022

CONSTITUTIONS

Rajyashri Goody, Sohrab Hura, Sajan Mani, Prajakta Potnis, Birender Yadav

Commissaire : Swapnaa Tamhane

 

Essai
Événements
Communiqué de presse
Pistes de réflexion

L’exposition Constitutions explore les pièges et les voies de sorties propres à l’imbrication du corps dans l’État, une condition qui s’amplifie en contexte pandémique. Au cours de la dernière année et demie, nous avons été collectivement témoins d’un exode humain des villes vers les villages dans différentes régions de l’Inde ; nous avons vu des gens assister, impuissants, à la suffocation de leurs proches en pleine pénurie de respirateurs ; et juste avant que l’État n’impose la distanciation sociale, des manifestant·e·s ont défilé sous nos yeux pour réclamer le droit à la citoyenneté, à la reconnaissance. Constitutions pose un regard sur ces intrications, mais propose aussi des issues à ces labyrinthes absurdes.

Les artistes indien·ne·s Rajyashri Goody, Sohrab Hura, Sajan Mani, Prajakta Potnis et Birender Yadav appartiennent essentiellement à la même génération. Chacun·e aborde et complexifie la hiérarchie oppressante et discriminatoire du système des castes, des politiques du travail et de l’État post-vérité. Leurs oeuvres parcourues de filons poétiques font ressentir une désincarnation, un passage du corps à l’instrument, représentant ce qu’il retient, absorbe et rejette.

L’année 2022 marquera le 75e anniversaire de la décolonisation de l’Inde. Le Dr Bhimrao Ambedkar, qui présidait le comité chargé de rédiger la Constitution indienne de 1949 à 1950, y a inscrit l’abolition de la notion d’Intouchables. L’article 17 proscrivait en effet la discrimination contre les Dalit·e·s, les Bahujans et les Adivasis maintenu·e·s au plus bas de l’échelle sociale et économique. Ces communautés sont souvent dépourvues de territoires officiels et sont sans cesse déracinées par le gouvernement pour faire place à des projets de barrage ou de déforestation. De nos jours, les préceptes que prônaient Ambedkar et Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre indien, pour faire advenir une Inde laïque dévouée à l’égalité, à la justice et à la démocratie, ne sont plus que l’écho d’idéaux utopiques, rongés par la montée de l’idéologie Hindutva, qui maintient l’apartheid des castes et répand la discrimination religieuse.

L’exposition Constitutions explore les pièges et les voies de sorties propres à l’imbrication du corps dans l’État, une condition qui s’amplifie en contexte pandémique. Au cours de la dernière année et demie, nous avons été collectivement témoins d’un exode humain des villes vers les villages dans différentes régions de l’Inde ; nous avons vu des gens assister, impuissants, à la suffocation de leurs proches en pleine pénurie de respirateurs ; et juste avant que l’État n’impose la distanciation sociale, des manifestant·e·s ont défilé sous nos yeux pour réclamer le droit à la citoyenneté, à la reconnaissance. Constitutions pose un regard sur ces intrications, mais propose aussi des issues à ces labyrinthes absurdes.

Les artistes indien·ne·s Rajyashri Goody, Sohrab Hura, Sajan Mani, Prajakta Potnis et Birender Yadav appartiennent essentiellement à la même génération. Chacun·e aborde et complexifie la hiérarchie oppressante et discriminatoire du système des castes, des politiques du travail et de l’État post-vérité. Leurs oeuvres parcourues de filons poétiques font ressentir une désincarnation, un passage du corps à l’instrument, représentant ce qu’il retient, absorbe et rejette.

L’année 2022 marquera le 75e anniversaire de la décolonisation de l’Inde. Le Dr Bhimrao Ambedkar, qui présidait le comité chargé de rédiger la Constitution indienne de 1949 à 1950, y a inscrit l’abolition de la notion d’Intouchables. L’article 17 proscrivait en effet la discrimination contre les Dalit·e·s, les Bahujans et les Adivasis maintenu·e·s au plus bas de l’échelle sociale et économique. Ces communautés sont souvent dépourvues de territoires officiels et sont sans cesse déracinées par le gouvernement pour faire place à des projets de barrage ou de déforestation. De nos jours, les préceptes que prônaient Ambedkar et Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre indien, pour faire advenir une Inde laïque dévouée à l’égalité, à la justice et à la démocratie, ne sont plus que l’écho d’idéaux utopiques, rongés par la montée de l’idéologie Hindutva, qui maintient l’apartheid des castes et répand la discrimination religieuse.