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IGNITION met en valeur le travail d’étudiant·e·s terminant leur maîtrise en Studio Arts et au doctorat en sciences humaines ou en études individualisées à l’Université Concordia. C’est une occasion pour une génération d’artistes en devenir de présenter des œuvres ambitieuses et interdisciplinaires dans le contexte professionnel d’une galerie au profil national et international. Les étudiant·e·s et l’équipe de la galerie travaillent ensemble afin de produire une exposition de projets qui ont une dimension critique, innovatrice et expérimentale menant à une réflexion sur les médias et les pratiques artistiques.

IGNITION 21 :
MODE D’EMPLOI
Loïc Chauvin, Bleu pigeon (pardon), 2026, sculpture interactive : composantes électroniques, microcontrôleurs, écran OLED, capteurs ultrasons, moteur, composantes imprimées en PLA, aluminium peint, vis, nourriture biologique pour pigeons, 26 × 26 × 26 cm. Avec l’aimable concours de l’artiste. Photo : Clara Lacasse
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13 mai – 13 juin 2026

Co-commissariée par Florent To Lay et Nicole Burisch

Avec la participation de Loïc Chauvin, Clara Congdon, Geneviève Dagenais, Hazel May Eckert, Melanie Garcia, Daniel Gillberg, ro heinrich, Sam Lee et Prune Paycha

Rencontre avec les artistes le mercredi 13 mai 2026, de 16 h 30 à 17 h 30, suivie du vernissage de 17 h 30 à 19 h 30

Entre le geste décrit et le geste accompli, quelque chose dévie. C’est dans cet écart que l’œuvre prend forme.

Dans cette exposition, chaque œuvre est associée à un mode d’emploi imaginé par les artistes. Il ne s’agit pas d’expliquer, mais d’indiquer une manière de faire : instructions, verbes, protocoles. Ces textes ne décrivent pas les œuvres, ils en précisent les conditions d’apparition. Ce qui compte n’est pas seulement ce qui est produit, mais ce qui résiste à l’exécution.

Rien n’est totalement fixe. À certains moments définis par ces modes d’emploi, les œuvres peuvent être activées, déplacées ou modifiées en présence du public, changeant de place, de forme ou de rythme. L’exposition devient un espace en mouvement, où elles ne sont plus seulement montrées, mais mises en circulation.

Ce qui suit ne présente pas une suite d’objets, mais des situations où des formes se déplacent, des gestes se répètent, des images apparaissent et disparaissent. Chaque pièce propose une manière de faire, de percevoir ou d’habiter l’espace — comme un mode d’emploi.

***

  1. Un bruit de pluie sèche se répand dans la galerie. Des machines attendent patiemment que l’on s’approche. Quelque chose s’ouvre et des graines jonchent maintenant le sol. En sommes-nous les destinataires ?
  2. Sur des tables, des fragments de tissu sont assemblés avec soin. Le geste est précis, répété, consigné. Peu à peu, des formes familières émergent et s’accumulent sans destinataire : lettres, cartes, traces d’échanges. Le geste administratif devient geste matériel.
  3. Un ciel — le dernier vu par une mère — est imprimé par sa fille en rose et en bleu, encore et encore. L’image se multiplie, se superpose, se transforme jusqu’à se dissoudre dans sa propre répétition. Le ciel résiste à sa fixation.
  4. Dans les airs, des feuilles d’abaca natives des Philippines se balancent lentement. Chacune est formée à la main, trempée dans de la pulpe de papier, imparfaite. Répéter sa forme, c’est tenter de rejoindre une origine qui se dérobe, un lieu transmis sans avoir été vécu.
  5. Dans la même salle, des touffes d’herbes de plage suspendues occupent l’espace, entrelacées de cheveux, leurs extrémités coupées effleurent le sol. Le végétal et l’humain s’y confondent. Où prenons-nous racine ? Comment s’adapter ? Naviguer parmi ce champ suspendu, c’est déjà traverser ces questions.
  6. Des formes en grès portent encore les plis du tissu qui les a contenues. Ce sont les ombres figées d’un corps filmé en mouvement, traduites en patron de couture puis coulées dans l’argile. Ce qui reste : des coutures, des plis, des creux — l’écho statufié d’un geste éphémère.
  7. Une plaque de verre ou son imitation à peine maintenue, un miroir aux reflets inaccessibles, une image au bord de la chute. Qu’elles surgissent ou s’effacent selon l’endroit où l’on se tient, qu’elles suggèrent une chose pour s’avérer en être une autre, il ne demeure de ces images que le poids de leur absence.
  8. Deux films respirent à leur propre rythme. Le vent y passe, les sons s’y répondent, la pensée trébuche, bégaie, se recompose. Les films se regardent autant qu’ils s’écoutent. À deux moments durant l’exposition, ils déborderont de l’écran pour devenir une conversation à plusieurs voix.
  9. À l’extérieur, une grande impression photographique, activée par la lumière du jour, explore la frénésie productive de la Corée du Sud à travers des scènes de marché denses et silencieuses. On y entend presque la tension de ce qui circule sans pause. 빨리 빨리 [ppal-li ppal-li], dit-on : vite, vite — une formule qui exprime l’équilibre instable entre productivité et repos, agitation et calme.

 

***

Franchissez maintenant les portes.

– Florent To Lay

 

Événements
Projet satellite

 

Activations

Au fil de l’exposition, les artistes activeront, performeront, créeront, ou modifieront leurs œuvres pendant les heures d’ouverture. Consultez l’horaire des activations ici-bas.

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16 mai 2026
ro Heinrich: 13 h 30 – 16 :30

19 mai 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00
Prune Paycha: 13 h 00 – 14 h 00
Geneviève Dagenais: 13 h 00 – 14 h 00

20 mai 2026
Hazel May Eckert: 14 h 00 – 15 h 00
Melanie Garcia: 15 h 00 – 16 h 00
Daniel Gilberg: 15 h 00 – 16 h 00
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

21 mai 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

23 mai 2026
Daniel Gilberg: 15 h 00 – 16 h 00
ro heinrich: 13 h 30 – 16 h 30

26 mai 2026
Hazel May Eckert: 13 h 00 – 14 h 00
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00
Prune Paycha: 13 h 00 – 14 h 00

27 mai 2026
Melanie Garcia: 15 h 00 – 16 h 00
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

28 mai 2026
Geneviève Dagenais: 13 h 00 – 14 h 00

29 mai 2026
Prune Paycha: 13 h 00 – 16 h 00

2 juin 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

3 juin 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

4 juin 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

9 juin 2026
Daniel Gilberg: 15 h 00 – 16 h 00
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

10 juin 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

11 juin 2026
Clara Congdon: 13 h 00 – 17 h 00

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Entre le geste décrit et le geste accompli, quelque chose dévie. C’est dans cet écart que l’œuvre prend forme.

Dans cette exposition, chaque œuvre est associée à un mode d’emploi imaginé par les artistes. Il ne s’agit pas d’expliquer, mais d’indiquer une manière de faire : instructions, verbes, protocoles. Ces textes ne décrivent pas les œuvres, ils en précisent les conditions d’apparition. Ce qui compte n’est pas seulement ce qui est produit, mais ce qui résiste à l’exécution.

Rien n’est totalement fixe. À certains moments définis par ces modes d’emploi, les œuvres peuvent être activées, déplacées ou modifiées en présence du public, changeant de place, de forme ou de rythme. L’exposition devient un espace en mouvement, où elles ne sont plus seulement montrées, mais mises en circulation.

Ce qui suit ne présente pas une suite d’objets, mais des situations où des formes se déplacent, des gestes se répètent, des images apparaissent et disparaissent. Chaque pièce propose une manière de faire, de percevoir ou d’habiter l’espace — comme un mode d’emploi.

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  1. Un bruit de pluie sèche se répand dans la galerie. Des machines attendent patiemment que l’on s’approche. Quelque chose s’ouvre et des graines jonchent maintenant le sol. En sommes-nous les destinataires ?
  2. Sur des tables, des fragments de tissu sont assemblés avec soin. Le geste est précis, répété, consigné. Peu à peu, des formes familières émergent et s’accumulent sans destinataire : lettres, cartes, traces d’échanges. Le geste administratif devient geste matériel.
  3. Un ciel — le dernier vu par une mère — est imprimé par sa fille en rose et en bleu, encore et encore. L’image se multiplie, se superpose, se transforme jusqu’à se dissoudre dans sa propre répétition. Le ciel résiste à sa fixation.
  4. Dans les airs, des feuilles d’abaca natives des Philippines se balancent lentement. Chacune est formée à la main, trempée dans de la pulpe de papier, imparfaite. Répéter sa forme, c’est tenter de rejoindre une origine qui se dérobe, un lieu transmis sans avoir été vécu.
  5. Dans la même salle, des touffes d’herbes de plage suspendues occupent l’espace, entrelacées de cheveux, leurs extrémités coupées effleurent le sol. Le végétal et l’humain s’y confondent. Où prenons-nous racine ? Comment s’adapter ? Naviguer parmi ce champ suspendu, c’est déjà traverser ces questions.
  6. Des formes en grès portent encore les plis du tissu qui les a contenues. Ce sont les ombres figées d’un corps filmé en mouvement, traduites en patron de couture puis coulées dans l’argile. Ce qui reste : des coutures, des plis, des creux — l’écho statufié d’un geste éphémère.
  7. Une plaque de verre ou son imitation à peine maintenue, un miroir aux reflets inaccessibles, une image au bord de la chute. Qu’elles surgissent ou s’effacent selon l’endroit où l’on se tient, qu’elles suggèrent une chose pour s’avérer en être une autre, il ne demeure de ces images que le poids de leur absence.
  8. Deux films respirent à leur propre rythme. Le vent y passe, les sons s’y répondent, la pensée trébuche, bégaie, se recompose. Les films se regardent autant qu’ils s’écoutent. À deux moments durant l’exposition, ils déborderont de l’écran pour devenir une conversation à plusieurs voix.
  9. À l’extérieur, une grande impression photographique, activée par la lumière du jour, explore la frénésie productive de la Corée du Sud à travers des scènes de marché denses et silencieuses. On y entend presque la tension de ce qui circule sans pause. 빨리 빨리 [ppal-li ppal-li], dit-on : vite, vite — une formule qui exprime l’équilibre instable entre productivité et repos, agitation et calme.

 

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Franchissez maintenant les portes.

– Florent To Lay

 

SIGHTINGS 47
PAVILLON HALL, 1964
SIGHTINGS 47: PAVILLON HALL, 1964, un projet d'Alexia Laferté Coutu. Photo : Kinga Michalska
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25 mai – 22 septembre 2026

Un projet d’Alexia Laferté Coutu

Alexia Laferté Coutu (n. 1990) est établie à Montréal / Tiohtià:ke / Mooniyang. Sa pratique s’attache aux processus d’empreinte et de translation, par lesquels les formes se chargent de mémoire et révèlent des strates temporelles souvent invisibles. Ses sculptures et installations ont été présentées dans des expositions individuelles et collectives, notamment à la Galerie Nicolas Robert, Toronto (2023), à la Fonderie Darling, Montréal (2022), au centre Occurrence, Montréal (2022), à la galerie Doosan, Séoul (2020), et à la galerie Pangée, Montréal (2019). Récipiendaire du Prix Pierre Ayot (2023), elle a étudié à l’Université Concordia, à la Bauhaus Universität de Weimar et à l’Université du Québec à Montréal. Ses œuvres font partie de la collection de la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que de la collection de la Ville de Montréal.

Verre à vitre, acier

Entre les forces du béton coffré, celles des roches ignées et celles d’Alexia, M, J et moi qui lui prêtons main forte; entre la matérialité des outils, la fragilité des fibres de mûrier et du papier mouillé sous la brosse, une chose fragile et nouvelle se fabrique. Faire quelque chose, c’est donc agir dans un monde de matières actives avec lesquelles composer, relayer, faire alliance1. Le papier enfin sec, nous rangeons les brosses, les petits outils et les précieux moulages qui prêteront bientôt leurs formes au plâtre humide, puis au plâtre sec où du verre souple viendra se poser.

1 Ingold, T. (2018). Faire : Anthropologie, archéologie, art et architecture. Éditions Dehors. 59–81.

* Extrait du texte de François Lemieux

Alexia Laferté Coutu (n. 1990) est établie à Montréal / Tiohtià:ke / Mooniyang. Sa pratique s’attache aux processus d’empreinte et de translation, par lesquels les formes se chargent de mémoire et révèlent des strates temporelles souvent invisibles. Ses sculptures et installations ont été présentées dans des expositions individuelles et collectives, notamment à la Galerie Nicolas Robert, Toronto (2023), à la Fonderie Darling, Montréal (2022), au centre Occurrence, Montréal (2022), à la galerie Doosan, Séoul (2020), et à la galerie Pangée, Montréal (2019). Récipiendaire du Prix Pierre Ayot (2023), elle a étudié à l’Université Concordia, à la Bauhaus Universität de Weimar et à l’Université du Québec à Montréal. Ses œuvres font partie de la collection de la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que de la collection de la Ville de Montréal.