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Inauguré en 2012 à l’occasion du 50e anniversaire de la collection permanente de la Galerie Leonard & Bina Ellen, le programme d’expositions satellites SIGHTINGS a été conçu comme une plateforme d’expérimentation et de réflexion critique afin de questionner les possibilités et les limites de l’espace du «cube blanc» moderniste. Dans le cadre de la programmation 2015-2016, des artistes et des commissaires sont invités à s’intéresser de plus près aux mécanismes invisibles qui conditionnent la production et la diffusion de l’art, et à trouver de nouvelles stratégies pour les révéler au public. S’articulant autour de la problématique du travail et des enjeux que pose l’économie «immatérielle» de la culture, les projets présentés cette année permettent de reconsidérer certains aspects du fonctionnement de l’art qui, normalement, échappent au regard des spectateurs : de la distribution des rôles entre les différents acteurs du milieu artistique (artistes, commissaires, techniciens, assistants, médiateurs, etc.) aux rapports de force qui régissent leurs activités respectives, en passant par la remise en question du partage traditionnel entre le travail manuel et le travail intellectuel, la conception et l’exécution, la création et la production discursive.

SIGHTINGS est situé au rez-de-chaussée du Pavillon Hall au 1455 boul. De Maisonneuve Ouest.

SIGHTINGS 17
Le temps de l’œuvre, le temps du travail
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Véronique Chagnon Côté. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Margarida Mafra. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participant : Luc LaRochelle. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Roxanne Arsenault. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Marie-Claude Girard. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Sylvette Babin. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Marion Gerbier. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participant : Pierre Poirier. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Maude Johnson. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participant : Guillaume Adjutor Provost. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Manon Tourigny. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Participante : Sylvette Babin. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, 2016. Vue d'installation. Oeuvre présentée : Pierre Julien, Pastel Tiger, 2016. Avec la permission de l’artiste et des participants
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, maquette numérique SketchUp, 2016. Avec la permission de l’artiste
Nicolas Grenier, Le temps de l'oeuvre, le temps du travail, maquette numérique SketchUp, 2016. Avec la permission de l’artiste

4 juillet au 5 septembre 2016

Un projet de Nicolas Grenier

Avec la collaboration de BGL, Sylvain Bouthillette, Pierre Dorion, David Elliott, Brendan Flanagan, Paul Hardy, Annie Hémond-Hotte, Nelson Henricks, Dil Hildebrand, Pierre Julien, Trevor Kiernander, Ben Klein, Guillaume Lachapelle, Luce Meunier, Ève K. Tremblay

Horaire de présentation des œuvres

Elliot_David_image_Study for Seance

Mardi 16 août – mardi 23 août : David Elliott, Study for Séance, 2013-2016
Valeur temporelle d’échange : 16 h
Acquéreuse : Margarida Mafra

Tremblay_Eve_K

Mercredi 24 août – dimanche 28 août : Ève K. Tremblay, Contour d’images oubliées (around forgotten images) (all mixed up with majolica), 2016
Valeur temporelle d’échange : 4 h
Acquéreur : Bernard Schütze

Hardy_Paul_image_mysticalperformanceanxiety

Lundi 29 août – mercredi 31 août : Paul Hardy, Mystical Performance Anxiety, 2016
Valeur temporelle d’échange : 7 h
Acquéreur : Luc LaRochelle

BGL_image3

Jeudi 1er septembre – lundi 5 septembre : BGL, Nostalgia, 2016
Valeur temporelle d’échange : 9 h 13 min 3 s
Acquéreur : Marcel Fournier

L’horaire complet peut être consulté ici.

Le cube SIGHTINGS est accessible tous les jours, y compris les fins de semaine, de 7 h à 23 h durant tout l’été.

Le temps de l’œuvre, le temps du travail propose un système d’acquisition d’œuvres d’art dans lequel ni argent ni aucune devise utilitaire n’est impliqué. Plutôt qu’une valeur monétaire fixée selon une logique spéculative, c’est le temps subjectif qu’a nécessité la réalisation d’une œuvre donnée qui détermine les termes de sa transaction. Dans le cadre de ce projet, plusieurs participants se sont engagés à passer dans le cube SIGHTINGS, en présence de l’œuvre qu’ils souhaitent acquérir, une durée équivalente à celle que l’artiste évalue avoir consacrée à sa production, et ce, sans téléphone cellulaire, tablette, ordinateur, livre ou autre objet de communication, de divertissement ou de travail, à l’exception du papier et des crayons mis à leur disposition. Les pensées notées par les participants au cours de l’expérience sont ensuite remises aux artistes en échange de leur œuvre.

Sans prétendre pouvoir échapper à l’économie des biens matériels qui a toujours régi le monde de l’art, ce projet cherche à activer une autre économie, dans laquelle la valeur des œuvres se pense non en termes d’argent, mais de travail, de temps et d’attention – des données de l’expérience humaine que l’on considère aujourd’hui comme de nouvelles « raretés ». Comme l’écrit Yves Citton, « [t]oute œuvre d’art dépend en effet pour sa circulation d’une économie de l’attention, qu’elle contribue à reconditionner en retour1 », en renégociant de façon innovante cette ressource de plus en plus rare que constitue, dans un monde envahi par la communication et le divertissement numériques, le temps disponible pour la réflexion. En proposant une expérience réflexive axée sur la valeur temporelle (relative et subjective) associée à l’art, ce projet vise également à questionner la relation sociale et éthique qui peut s’établir entre le travail de l’artiste et le « travail » du spectateur-acquéreur de son œuvre.

Dans la lignée des diverses pratiques économiques qui, depuis la révolution industrielle, utilisent le temps comme unité d’échange alternative, et que le principe du « time banking » a réactualisées ces dernières années2, Le temps de l’œuvre, le temps du travail soulève non seulement le problème de la quantification ou de la « comptabilisation » du travail artistique, mais aussi celui de l’emploi du temps, soumis à l’impératif contemporain de la productivité. De fait, qu’implique le fait de passer un moment plus ou moins long à ne « rien faire » dans un espace de présentation aménagé à cette fin, dans l’intérêt implicite d’acquérir un objet d’art ?

Par la transformation du cube SIGHTINGS en espace semi-privé semi-public, entre le salon domestique et la salle de montre, et par le fait d’y « exposer » des individus qui normalement se définissent comme regardeurs ou collectionneurs, ce projet nous invite à reconsidérer la notion même d’exposition et l’acte de mettre en vue ce qu’il cherche à questionner.

Katrie Chagnon

  1. Yves Citton, « L’économie de l’attention », RDL, no 11 (mai-juin 2013), p. 74.
  2. Voir entre autres le projet Time/Bank des artistes Julieta Aranda et Anton Vidokle sur la plateforme e-flux: e-flux.com/timebank/about

Nicolas Grenier (1982) détient une maîtrise en arts visuels du California Institute of the Arts et partage maintenant son temps entre Los Angeles et Montréal. Il est représenté par la galerie Luis De Jesus Los Angeles et la galerie Antoine Ertaskiran (Montréal). Son travail a été exposé régulièrement au Canada, aux États-Unis et en Europe. Parmi ses expositions récentes figurent : Vertically Integrated Socialism (Triennale de Bruges 2015, Belgique), Promised Land Template (Biennale de Montréal 2014, Musée d’art contemporain de Montréal, et Commonwalth & Council, Los Angeles), One Day Mismatched Anthems Will Be Shouted In Tune (Luis De Jesus, Los Angeles, 2014) et Marginal Revolutions (KUAD Gallery, Istanbul, 2013). Son travail fait partie de diverses collections privées et publiques, telles que la collection Loto-Québec, la Progressive Art Collection et la collection du Musée national des beaux-arts du Québec.