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Sightings est un espace d’exposition satellite sous la forme d’un module situé à l’entrée du métro dans le pavillon EV. Il présente des projets commissariaux et d’artistes. Le succès de cette initiative nous a amené à étendre sa portée dans le temps. En 2012, on y retrouvait exclusivement des projets d’étudiants de la faculté des beaux-arts. En 2013, des projets conçus par des intervenants de la communauté culturelle montréalaise y seront présentés.

Module temporaire maintenant situé dans le Pavillon Hall, 1455 boul. de Maisonneuve Ouest.

SIGHTINGS 7. INVENTORY
Jo-Anne Balcaen, INVENTORY (vue de l'installation), 2013. Avec l'autorisation de l'artiste
Jo-Anne Balcaen, INVENTORY (plan), 2013. Avec l'autorisation de l'artiste
Jo-Anne Balcaen, INVENTORY (vue de l'installation), 2013. Avec l'autorisation de l'artiste
Jo-Anne Balcaen, INVENTORY (détail), 2013. Avec l'autorisation de l'artiste

8 juillet au 17 novembre 2013

Un projet de Jo-Anne Balcaen

INVENTORY est une installation qui transpose des outils et des matériaux choisis de l’atelier de la Galerie Leonard & Bina Ellen dans ce module d’exposition satellite. Adjacent à la Galerie, qui est située au rez-de-chaussée de l’édifice McConnell de l’Université Concordia, l’atelier est un espace de 550 pieds carrés abritant une grande table de travail, la machinerie nécessaire pour travailler le bois, plusieurs étagères de métal et une vaste collection d’outils et de matériaux servant à la préparation et la mise en espace d’expositions.

Ce changement de contexte, les faisant passer d’un lieu utilitaire caché à un module d’exposition public, offre l’occasion de repenser la valeur d’usage et le potentiel esthétique de ces matériaux. Le rôle secondaire qu’ils jouent habituellement par rapport à la notoriété des œuvres d’art s’en trouve inversé. Leur fonction première en tant qu’outils de travail est neutralisée par leur délocalisation qui durera le temps de l’exposition. L’inventaire devient une installation et la valeur d’usage se transforme en valeur symbolique alors que le statut supérieur généralement attribué à l’art se trouve reporté sur ces objets pratiques.

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Le texte d’accompagnement, rédigé dans le double jargon des panneaux didactiques de musée et des descriptions de produits dans les catalogues de Lee Valley, offre un compte-rendu personnel de l’histoire de certains de ces objets, comme un aperçu des « coulisses », révélant leur association avec des artistes renommés qui ont exposé à la Galerie Leonard & Bina Ellen entre 2005 et 2011, alors que Balcaen occupait le poste de coordonnatrice des expositions.

Établissant un lien entre ces matériaux et les œuvres d’art qu’ils ont servies, l’exposition INVENTORY tente de transférer du sens et une « aura » à ces objets en se basant sur la signification d’une démarche artistique. L’efficacité de ce déplacement sera tributaire de l’importance que la perception du spectateur attribuera à l’artiste impliqué.

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INVENTORY

Ce module d’exposition présente des objets extraits de l’atelier de la Galerie Leonard & Bina Ellen, un espace de travail de 550 pieds carrés (51 m2) qui contient un vaste assortiment d’outils et de matériaux utilisés lors de la préparation et la mise en espace d’expositions. Amassés depuis plus de vingt ans (entre 1992 et 2013), les éléments exposés ici représentent environ un cinquième de cet ensemble. Offrant plus de 350 trésors à découvrir – plusieurs n’ayant jamais quitté l’enceinte de la Galerie –, cette collection raconte la riche histoire de la préparation et de la mise en espace des expositions d’art actuel de la Galerie.

Un des objets les plus notables est la caisse de bois (2009), faite sur mesure, qui a servi à transporter la sculpture de Joe Fafard intitulée The Terrorized, sur une distance totale de 264 km. Cette caisse de contreplaqué, plaquée de bois, dont l’intérieur sur mesure est isolé de mousse, est une réussite exceptionnelle en ce qui concerne l’empaquetage et le transport d’œuvres d’art, ce qui lui vaut d’être conservée pour les futures études des muséologues.

Appliqués sur les étagères de métal, on retrouve les restes d’un gallon de peinture RoscoVideo Paint, en « TV White 5735 » (2007), acquise pour la projection de la vidéo Museum Stills de l’artiste montréalais Adad Hannah. Faisant preuve d’une impressionnante durabilité sur les tablettes, la capacité de cette peinture à procurer une luminance et une balance de couleurs adéquates a constitué un sujet chaudement débattu par les techniciens de galerie et les praticiens des arts médiatiques de l’époque. Son acquisition, dont le coût n’est pas divulgué, reste aujourd’hui controversée.

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La caisse de transport (2007) du moniteur SONY PVM 2950Q, située au centre du module, a permis l’entreposage d’un moniteur utilisé pour la présentation de Workers Leaving the Factory in Eleven Decades du cinéaste allemand Harun Farocki. Son revêtement extérieur laminé de fibre de verre, son double profilé en aluminium extrudé, ses roues de 4 po (10 cm), son intérieur tapissé de mousse, ses loquets en retrait, plaqués de nickel, ses coins à boule résistants et ses poignées à ressort font de cette caisse de transport le parfait exemple d’un design efficace et d’une fabrication impeccable.

Connues par les initiés sous l’appellation « Les horloges » (2006), ces trois horloges synchronisées (mises en boîte, au centre) furent achetées en ligne par la Galerie afin de reproduire l’œuvre 3 x Wall Clocks de l’artiste berlinois d’origine finlandaise Mika Vainio. Bien que peu pratiquée, la reproduction d’installations élaborées à partir d’objets courants, manufacturés, reste un sujet de débat chez les conservateurs d’art contemporain. Depuis la fin de l’exposition au printemps 2006, on a tenté à plusieurs reprises d’intégrer les horloges au décor des bureaux de la Galerie, mais sans succès.

Enfin, le délicat plumeau (c. 1996) fait de plumes d’autruche, surtout connu pour sa mission de retirer les particules de poussière de la sculpture The Settler de David Altmejd, à l’automne 2005, a été conservé, non sans difficulté, dans son état original. Cependant, il ne fut pas utilisé pour enlever la poussière de la partie principale de la sculpture, puisque l’accumulation de poussière sur ses surfaces miroitantes répondait à l’intention de l’artiste. Par contre, la plateforme de support, basse et imposante, a été nettoyée avec soin à intervalles réguliers, ce qui accentuait le contraste entre la beauté et l’altération des diverses composantes de la sculpture.

Traduction d’André Lamarre

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Jo-Anne Balcaen est une artiste montréalaise qui recourt à plusieurs médias, dont la vidéo, la création audio, l’installation et les techniques d’impression. Ces dernières années, son travail s’est concentré sur la culture rock et les phénomènes connexes d’adulation et d’illusion. Depuis le milieu des années 1990, elle a exposé à travers le Canada, ainsi qu’en Europe et aux États-Unis. Elle a obtenu un baccalauréat en Arts plastiques de l’Université du Manitoba, à Winnipeg, en 1994, et une maîtrise en Arts visuels de l’Université Concordia, à Montréal, en 2000.

Parallèlement à sa pratique artistique, Balcaen a exercé la fonction de coordonnatrice d’exposition dans diverses galeries de Montréal, notamment à la Galerie Leonard & Bina Ellen, de 2005 à 2011.

www.joannebalcaen.ca