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SIGHTINGS est un programme d’expositions satellites conçu par la Galerie Leonard & Bina Ellen pour réfléchir à notre compréhension de l’espace d’exposition et de la présentation des œuvres. Ce projet fait écho à quatre essais phares écrits par Brian O’Doherty entre 1976 et 1981 – regroupés sous le titre White Cube. L’espace de la galerie et son idéologie (traduction française, 2008) –, où l’auteur et artiste irlandais théorise certains enjeux liés à une conception de l’espace d’exposition moderniste. Une conception de l’espace qu’il qualifie de « cube blanc » neutre et adaptable, et qui est pérenne puisqu’elle définit un grand nombre de galeries actuelles. SIGHTINGS a été mis en œuvre pour souligner la persistance et la fausse neutralité du cube blanc, et créer une plate-forme d’expérimentation pour que des artistes et commissaires invités génèrent de nouvelles stratégies de mise en espace et évaluent les limites de l’adaptabilité d’un véritable cube blanc.

Un premier cycle diffusait des projets réalisés par des étudiants de la Faculté des beaux-arts. Un deuxième cycle, en cours, présente des projets réalisés par des artistes et commissaires de la communauté artistique élargie.

SIGHTINGS est situé au rez-de-chaussée du Pavillon Hall au 1455 boul. de Maisonneuve Ouest.

SIGHTINGS 8. You Are So Dead Fly
drian Norvid, You Are So Dead Fly (détail), 2013. Avec l'aimable autorisation de l'artiste
Adrian Norvid, You Are So Dead Fly (détail), 2013. Avec l'aimable autorisation de l'artiste. Photo : Paul Simth
Adrian Norvid, You Are So Dead Fly (détail), 2013. Avec l'aimable autorisation de l'artiste. Photo : Paul Simth

28 novembre 2013 au 19 février 2014

Une installation d’Adrian Norvid

Adrian Norvid est l’auteur du huitième projet conçu pour SIGHTINGS. Dans ce contexte, il présente You Are So Dead Fly, une nouvelle installation qui démontre son intérêt envers la culture populaire puisqu’elle consiste en la reproduction à grande échelle d’un ruban attrape-mouches sur lequel des insectes se sont collés. Activée par des bulles de dialogue qui rappellent le mode d’opération de la bande dessinée, cette sculpture de papier donne la parole à quelques mouches qui communiquent des affirmations humoristiques liées à leur captivité, telles que « stick me good, sweet lord » ou « oh my God, it’s the sticky thing, I so want a piece of that ».

You Are So Dead Fly attire l’attention de deux manières. D’une part, son support de présentation la distingue de l’environnement achalandé de l’édifice Hall et souligne son statut d’œuvre grâce à son esthétique et ses attributs muséaux. D’autre part, son mode de présentation tend à la rendre « spectaculaire » puisque l’isolement de l’œuvre dans le module et l’éclairage théâtral concentrent notre attention sur une scène improbable de personnification et de capture de mouches, inattendue dans le contexte d’une aire commune de l’Université Concordia.

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Dans le cadre de ce projet, il est étonnant de constater que l’échelle des deux éléments devient proportionnelle alors que l’association du module d’exposition et l’attrape-mouches surdimensionné évoque les vitrines de présentation protégeant les objets précieux dans un certain type d’expositions. Cette occupation de l’espace crée un décalage entre la représentation humoristique, ludique et satirique d’un objet de la culture populaire, et son support de présentation qui lui attribue une nature muséale, institutionnalisée et précieuse, due aux caractéristiques physiques du dispositif, allant à l’encontre de l’esthétique de l’œuvre. Le dispositif fait ainsi office de loupe puisqu’il magnifie son contenu, littéralement compte tenu du jeu d’échelle, et conceptuellement puisqu’il souligne le statut d’œuvre de la sculpture de papier. Par ailleurs, la présentation d’une seule œuvre dans le module soulève la question du point de vue idéal. Dans ce cas-ci, l’artiste a tenté de favoriser la circulation des visiteurs autour du module en multipliant les points de vus idéaux.

L’installation You Are So Dead Fly, réalisée par Adrian Norvid, informe une fois de plus sur le pouvoir des dispositifs et des modes de présentation, soit un pouvoir reposant sur la forme, la couleur, la texture et l’éclairage attribués à un espace. Plus précisément, elle informe sur les effets de l’exposition d’une seule œuvre au sein d’un cube blanc référant inévitablement à l’espace muséal – la spectacularisation et la consécration.

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Adrian Norvid utilise le papier sous toutes ses formes pour créer des murales, des installations et des performances, souvent caractérisées par l’excès. Adepte de la culture et des arts populaires, il recourt à l’illustration pour aborder des thèmes récurrents tels que la musique rock des années 1960 et 1970, le mouvement psychédélique et les caricatures anglaises du XIXe siècle. En outre, ses œuvres associent des motifs iconographiques et des expressions verbales – souvent britanniques – pour détourner le sens commun des représentations et révéler un sens nouveau, généralement humoristique, ludique et satirique.

Norvid est chargé de cours au département de Studio Arts de l’Université Concordia et artiste. Il a récemment présenté son travail à The Rooms (St John’s, Terre-Neuve, 2011), à la Galerie Julia Karnatz (Koln, Allemagne, 2010), à la Art Gallery de Windsor (2009), au Musée d’art de Joliette (2007), à la AKA Gallery (Saskatoon, 2005), à Axe Néo 7 (Gatineau, 2005). Il a également participé à de nombreux événements dont le Symposium d’art contemporain de Baie-Saint-Paul (2006), Pop Montréal (2008 et 2009) et la Triennale québécoise présentée au Musée d’art contemporain de Montréal (2008). Ses œuvres ont fait l’objet d’une publication intitulée Nogoodnicks, et publiée en 2011 par les éditions Drawn & Quaterly. Adrian Norvid vit et travaille à Montréal, où ses œuvres sont représentées par la Galerie Joyce Yahouda.