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Pistes de réflexion s’adresse à tout public qui désire explorer l’art contemporain et sa mise en exposition. Cette section propose une mise en contexte des expositions et des activités programmées par la Galerie, ainsi que des informations générales sur les artistes, les collaborateurs, les projets et les œuvres qui y sont présentés. Ces informations sont complémentées par une sélection de ressources documentaires (liens Internet, références bibliographiques, images, textes, etc.) qui visent à approfondir la compréhension de la pratique des artistes, des œuvres et des approches de commissariat qui les rassemblent. Pistes de réflexion se veut également une plateforme de discussion et d’échange dynamique qui permet de rendre visibles diverses connexions au sein de la programmation de la Galerie, ainsi qu’entre les artistes, commissaires et autres acteurs culturels, incluant le public. Se présentant sous différentes formes physiques et virtuelles, le matériel collecté sur cette plateforme constitue une base de données informative et un fonds de recherche accessible aux étudiants, aux professeurs et à toute personne intéressée par la programmation de la Galerie.

IGNITION 14
Etta Sandry, The only thing I think I know for sure (Sunrise), 2017; The only thing I think I know for sure (Sunset), 2017; (45.544728, -73.632496), 2017. Vue d'installation. Photo : Paul Litherland/Studio Lux

Afin d’établir le choix des œuvres de cette exposition annuelle, Michèle Thériault et moi avons étudié les projets des artistes formulés dans leurs propres mots, ou les descriptions de ce qu’ils ou elles souhaiteraient exposer, ainsi que des images de leurs réalisations passées ou de leurs travaux en cours, afin d’avoir une idée de leurs styles respectifs. Les propositions étaient comme des missives, auxquelles nous avons d’abord répondu en ajoutant des mots pour les qualifier : audacieuse, troublante, romantique, incisive, réfléchie, empreinte d’un humour noir ou tout simplement sombre.

L’exposition ne s’est pas construite sur une ligne directrice, mais les liens entre les œuvres s’avèrent multiples. Après avoir imaginé les projets retenus dans l’espace, je n’ai cessé de revenir à deux des sens du mot « articulation » pour en tirer un thème – le sens linguistique du mot, qui désigne une expression ou un.e locuteur.trice clair.e et cohérent.e, et le sens plus spatial, qui décrit un joint, un coin ou un lien. À travers l’articulation de leurs pratiques, les artistes sélectionnés reflètent un aspect caractéristique de la pédagogie à la maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia – qui veut que chacun.e prenne la responsabilité de ses œuvres en pensée et en paroles. Les artistes de IGNITION 14 ont relevé ce défi avec brio. Le second sens du mot est plus difficile à expliquer. Par le fruit du hasard ou de la sérendipité, de l’intuition de Michèle Thériault ou d’une combinaison de tous ces facteurs, les œuvres ont été regroupées dans la galerie de façon à suggérer plusieurs formes d’articulation – un joint, un coin, un lien – entre nature et culture, surface et profondeur, parole, écriture et combat, ainsi qu’entre la pensée du foyer et le sentiment de l’éloignement.

Dans la première salle, les œuvres de Claire Ellen Paquet et d’Etta Sandry sont immobilisées en pleine conversation. Les bannières tissées de Paquet reproduisant des extraits d’un livre de Charles Darwin se confrontent à l’œuvre textile de Sandry qui reproduit le cycle du lever au coucher du soleil comme une gestalt. Dans la pièce suivante, les vues nocturnes très précises d’une architecture abandonnée en bordure de route prises par Matthew Brooks font face aux portraits de Brent Cleveland et de sa galerie de personnages gluants et libidineux. Ces paires d’œuvres désignent puis perturbent la démarcation conventionnelle entre nature et culture. Juste à côté, l’installation de Malcolm McCormick propose une vue anatomique de la peinture comme un jeu entre des surfaces décoratives, des profondeurs construites et projetées, et des angles de vision idéaux. Et nous voici plongé.e.s dans des salles virtuelles et réelles réservées à des visions d’écrivain.e.s. Alors que Mara Eagle, en performance dans la galerie, copie à la main la correspondance de Jane Austen, les vidéos en boucle de Muhammad Nour Elkhairy explorent la tâche de l’exilé qui se consacre à l’écriture comme réalisation de désir et comme répétition. Le concept d’articulation dans ces œuvres porte le poids de la politique des genres d’une auteure typique de l’ère victorienne, ainsi que celui de la politique anticolonialiste des Palestiniens de la diaspora. Au fond de la galerie, dans trois salles séparées, ce concept se révèle dans des œuvres qui explorent les écarts et les liens entre l’ici et l’ailleurs. Encore là, nous retrouvons plusieurs fois la notion d’exil : sur le chemin du retour à la maison en vélo, au crépuscule, dans la vidéo pleine de suspense de Undine Sommer; dans le mouvement ondulatoire d’une pièce de bois flottant, ballottée par une marée de Terre-Neuve retransmise en direct dans la sculpture cinétique d’Adam Simms; enfin, dans la salle de réunion de la galerie, en faisant l’expérience d’une intimité médiatisée par la performance d’Emilie Morin, réalisée sur Skype depuis son appartement de Montréal.

Commentaire de Tammer El-Sheikh

IGNITION est une exposition annuelle mettant en valeur le travail d’étudiants terminant leur maîtrise en Studio Arts et au doctorat en Humanities à l’Université Concordia. Cette manifestation est une occasion pour une génération d’artistes en devenir de présenter des oeuvres ambitieuses et interdisciplinaires dans le contexte professionnel d’une galerie au profil national et international. Ces étudiants travaillent en collaboration avec l’équipe de la Galerie afin de produire une exposition qui rassemble des oeuvres qui ont une dimension critique, innovatrice et expérimentale menant à une réflexion sur les médias et les pratiques artistiques. IGNITION est d’intérêt pour tous les étudiants et leurs enseignants, la communauté artistique et le grand public.

Projets sélectionnés par Tammer El-Sheikh et Michèle Thériault

Tammer El-Sheikh est professeur adjoint à la Faculté des beaux-arts de Concordia. Ses champs d’enseignement et de recherche se centrent sur la théorie et la critique postcoloniales et l’art contemporain international. Il a publié dans Canadian Art, C Magazine, Parachute, ETC Magazine, ARTMargins et Arab Studies Journal. Il est le correspondant montréalais de Akimbo.

Traduction : André Lamarre

Produit avec l’appui du Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.

ARTISTES ET ŒUVRES

Matthew Brooks

Mon travail utilise l’espace photographique comme une scène afin d’explorer les frontières entre le documentaire et la fiction. Par l’usage évocateur de la lumière et de motifs récurrents, comme l’architecture vieillissante et les enseignes néon, une réalité anachronique proche de la nôtre se révèle et des scènes quotidiennes se transforment en tableaux cinématographiques. Ces images de grand format déstabilisent la perception qu’a le spectateur du temps et du lieu, créant une expérience troublante à la fois de la réalité et de la fiction.

ŒUVRES

Bob’s Oil Co., 2017

Burger Time, 2017

Laundromat, 2018

Épreuves numériques à développement chromogène
122 x 152 cm chacune

Avec l’aimable concours de l’artiste

Dans la série en cours qui a pour titre Scenes from an Untitled Film, je m’intéresse au processus de traduction de la réalité en images photographiques et à la relation entre le décor de film et l’environnement bâti. Des récits indécidables sont incorporés à chaque tableau, puisque l’espace révèle la trace de personnages et produit une conception du temps où l’action semble précéder ou suivre l’image.

EXPLOREZ

  • À partir d’où commencez-vous à construire un récit dans ces photographies ? Est-ce à partir du premier plan ? De l’arrière-plan ? À partir du point de vue de la caméra ? Ou de l’extérieur du cadre ?
  • Étant donné le moment des prises de vues photographiques — l’aube, le crépuscule ou le milieu de la nuit —, est-ce que vous viennent à l’esprit des récits particuliers, tout faits à l’avance ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

matthewbrooks.info

Ferri, Graziano. « Italian Homes ». FotoRoom (2015). <fotoroom.co/italian-homes-matthew-brooks>

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Brent Cleveland

L’enjeu central de ma pratique consiste à nourrir une intimité avec la figure, tout en maintenant un sens de l’humour face à mes propres complexes psychologiques. Je m’intéresse à la nature agressive de la gentillesse et aux tendances violentes de la socialisation, précisément à la manière dont fonctionne le pouvoir dans les différentes sphères de la société. Je crois que ma pratique joue avec tous ces fils, faisant naître une curiosité apparemment infinie pour ce qui peut arriver par la suite.

ŒUVRES

De la série Time for Another Day

Tina, 2018

Lover, 2018

Brat, 2018

Daydreamer, 2018

Acrylique sur toile
152,4 x 121,92 cm chacune


Anjelica Huston, Roger Moore
, Marsden Hartley, Little Ploop, 2017-2018

Huile et acrylique sur bois, paillettes, faux cils, bouchon d’oreille et papillons en plastique
20,32 x 15,24 cm chacune

Avec l’aimable concours de l’artiste

J’en suis arrivé à une conception du portrait qui montre comment une représentation singulière peut déplacer la hiérarchie du pouvoir à l’intérieur du moi. Je cherche désespérément à créer des relations signifiantes avec les personnages du monde de ma peinture, alors que leur identité devient de plus en plus complexe et intéressante. Conceptuellement, ces portraits deviennent des représentants qui expriment des tensions irrésolues à l’intérieur de ma propre compréhension de moi-même, prenant souvent la forme de désaxé.e.s absurdes, de monstres séduisants et de perdant.e.s incompris.es.

EXPLOREZ

  • L’épaisseur de la peinture. Comment la couche de fond qui couvre entièrement le support de certaines œuvres suggère l’existence d’une surface provisoire où un portrait peut être esquissé, puis effacé une fois de plus.
  • Les identités et la catégorisation. Pensez à votre façon d’évaluer la personnalité de chaque portrait. Qu’est-ce qui en jeu quand l’un d’eux, par exemple, est vu comme mignon et un autre comme grotesque ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

brentcleveland.tumblr.com

Entrevue <fy-ca.com/brent-cleveland.html
>

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Mara Eagle

Mon travail se développe à l’intersection du langage, de la technologie et du corps. Je m’intéresse à la poésie, au cyberérotisme et aux écrits féministes consacrés à la science et à la philosophie. L’ironie et l’humour apparaissent souvent dans mes œuvres en tant qu’affirmations des paradoxes et de l’hypocrisie. Par le son, la vidéo, la performance et la sculpture cinétique, mon travail explore comment les récits populaires reproduisent les grammaires du genre et de la subjectivité.

ŒUVRE

The Incorporation of Jane Austen, 2018

Performance avec chaise, table, lampe, plume, encrier, encre de chine et Mylar

Horaire de performance variable

L’artiste sera présente 12 heures par semaine pendant les heures d’ouverture selon un horaire affiché chaque vendredi sur le site Web de la Galerie pour la semaine à venir.

Durée de la performance : 120 à 180 min

Semaine 3

Mardi 15 mai : 12 h – 15 h
Mercredi 16 mai : 12 h – 14 h
Jeudi 17 mai : 12 h – 14 h
Vendredi 18 mai : 12 h – 14 h
Samedi 19 mai : 12 h – 14 h

Semaine 4

Mardi 22 mai : 15 h – 18 h
Mercredi 23 mai : 12 h 30 – 15 h 30
Jeudi 24 mai : 12 h – 15 h
Vendredi 25 mai : 12 h – 15 h

Avec l’aimable concours de l’artiste

Étant donné que les graphologues se basent sur l’écriture manuscrite d’une personne pour déduire son caractère, je me demande si je vais aussi me mettre à adopter les traits de caractère de Jane Austen à mesure que ma main incorporera la sienne. Quelles connections s’établissent entre le corps qui écrit et le produit créatif de son travail, le corps de l’écriture ? Ce projet constitue une invitation à se laisser hanter et transformer par la répétition des gestes concrets de quelqu’un d’autre.

EXPLOREZ

  • L’acte de correspondre avec le livre d’un auteur non par son contenu, mais par le tracé et la matérialité de l’écriture sur la page.
  • Le travail concret de l’écriture comparé au temps requis par la lecture.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

maraeagle.ca

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Muhammad Nour Elkhairy

Mon travail vidéo basé sur des personnages se situe à l’intersection de l’art vidéo, du film narratif et de la culture populaire de l’image en mouvement. Il fait de l’écran une surface sur laquelle le moi élabore son existence entre l’intériorité individuelle et l’extériorité sociopolitique. Chaque contexte de visionnement est pour moi l’occasion d’explorer le potentiel formel de différents écrans, de façon à ce que l’œuvre puisse s’adapter à divers publics et les rejoindre.

ŒUVRES

I would like to visit, 2017

Vidéo sur ordinateur portable, son, 3 min


P is for Palestine
, 2018

Vidéo sur écran ACL, couleur, son, 3 min

Avec l’aimable concours de l’artiste

I would like to visit et P is for Palestine font partie d’une série de portraits de personnages sur vidéo qui explorent l’instabilité de la performance de l’identité chez des Palestiniens de la diaspora et mettent en lumière l’héritage colonial qui marque les lieux où ces œuvres ont été créées, soit Montréal, au Canada, et Amman, en Jordanie. Les œuvres manifestent des préoccupations politiques mondiales et mettent l’accent sur les expériences subjectives des personnages dans le but de démontrer que le privé est toujours politique.

EXPLOREZ

  • Comment les deux œuvres établissent un vocabulaire de base pour parler de la Palestine et comment le locuteur ou l’écrivain lui apporte variation et répétition.
  • Comment El-Khairy transmet-il une impression d’interruption, d’exception ou d’extériorité ? Inversement, comment le sentiment du lieu est-il évoqué ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

vimeo.com/mkhairy

El-Sheikh, Tammer. « Interesting ». Canadian Art 35 no 1 (Printemps 2018) : 82-85.

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Malcolm McCormick

Mon travail est motivé par le désir d’explorer et de partager le langage de la peinture (particulièrement la couleur, la texture et l’image) dans une manière qui complexifie la relation étroite que le médium entretient avec le capital. Plutôt que de produire des toiles autonomes, j’approche la peinture à travers les méthodes expansives de l’installation. Par l’utilisation de la vidéo, de l’architecture et des textiles, je travaille à altérer les espaces d’exposition afin de produire des expériences immersives qui dirigent l’attention des spectateurs.trices vers la dimension phénoménologique de la vision.

ŒUVRE

While You Were Gone, 2017-2018

Bois, tissu, tableaux et base
Projection vidéo, 20 min

Avec l’aimable concours de l’artiste

While You Were Gone est une installation immersive qui combine architecture, peinture et film pour traiter des thèmes du temps, de l’espace, de l’absence, ainsi que de l’acte de voir à l’ère numérique. Le titre s’appuie sur la définition du mot « abstraction » comme un acte d’extraction ou d’enlèvement et se veut une réflexion sur le rôle de l’art abstrait en temps de crise.

EXPLOREZ

  • La distraction et l’abstraction. Est-ce que l’installation impose une comparaison entre l’expérience de la vision sur écran et celle expérimentée en galerie ? Ou est-ce que les frontières entre les deux sont brouillées ?
  • La variation et l’association. Pensez aux variations rendues possibles par la peinture abstraite et aux associations suscitées par les moteurs de recherche et les algorithmes.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

malcolmjm.ca

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Emilie Morin

Ma pratique émane de mon expérience de danseuse et de ma carrière, orientée particulièrement, depuis 2011, vers la forme de la « vidéodanse » (screendance). Acceptant la contrainte que la caméra constitue une nouvelle instance spectatrice et que l’écran devient un nouvel espace chorégraphique, mon travail se concentre sur les dispositifs de retransmission en direct et de vidéoconférence qui rendent possibles de nouveaux modes de consommation des images en mouvement et qui remodèlent nos façons de communiquer, notre relation au corps et nos actes de représentation de soi.

ŒUVRE

Trou (les beaux jours), 2016 –

Performance Skype sur rendez-vous, durée approximative : 8 min
Direction artistique et performance : Emilie Morin
Chorégraphie : Manuel Roque

Avec l’aimable concours de l’artiste

Afin de faire l’expérience de l’œuvre, vous devez prendre un rendez-vous en suivant l’horaire ci-dessous. La prise de rendez-vous peut se faire par courriel à l’adresse suivante : binaellengallery@gmail.com ou en personne au bureau de la réception

Horaire des rendez-vous

Jeudi 24 mai | 13 h – 17 h

13 h; 13 h 30; 13 h 45; 14 h; 14 h 15; 14 h 30; 14 h 45; 15 h; 15 h 15; 15 h 30; 15 h 45; 16 h; 16 h 15; 16 h 30; 16 h 45

Jeudi 31 mai | 13 h – 17 h

13 h; 13 h 15; 13 h 30; 13 h 45; 14 h; 14 h 15; 14 h 30; 1 h 45; 15 h; 15 h 15; 15 h 30; 15 h 45; 16 h; 16 h 15; 16 h 30; 16 h 45

Trou (les beaux jours) (2015) est une chorégraphie que l’on peut regarder grâce à un appel vidéo par Skype. Pour Ignition, la performance est une communication de huit minutes entre un.e seul.e spectateur.trice et moi-même. Je suis curieuse de voir si une intimité partagée peut se développer à distance entre deux étrangers.ères pour une si courte durée et de quelle sorte d’intimité il peut s’agir alors qu’un contact est à la fois établi et maintenu séparé par un écran. Quelle sorte de communication la danse peut-elle établir par Skype  ?

EXPLOREZ

  • Votre corps. En quoi l’action de regarder une chorégraphie en étant assis.e dans un fauteuil de bureau diffère-t-elle de l’expérience d’être assis.e dans un théâtre ou un autre lieu de spectacle ?
  • Le cadrage. Comment la performance utilise, occupe ou trouble les vues familières qu’offre une conversation par Skype.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

Entrevue par le festival de vidéodanse Movimiento en Movimiento <vimeo.com/197719716>

Article sur le blogue Screendance Studies <screendancestudies.wordpress.com/2016/12/18/trou-les-beaux-jours-une-performance-solo-sur-skype/>

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Claire Ellen Paquet

Mon travail commence par une mise en œuvre de la matière : une lente réflexion sur la fonction émotive de la réalisation concrète. Les objets qui en résultent sont souvent de nature familière ou domestique et sont utilisés pour mettre en scène des situations qui concernent la relation de notre esprit à notre corps, de façon à suggérer des possibilités de comprendre nos émotions et de s’y adapter.

ŒUVRE

Chapter VII, 2017

Papier, ficelle goudronnée, extrait du texte de Charles Darwin L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux (1872)

Avec l’aimable concours de l’artiste

Les mots peuvent rouler (au bout de la langue), ils peuvent être trempés (dans la signification), ils peuvent s’entrelacer (à l’intérieur et à l’extérieur de la lisibilité), ils peuvent être coupés (et collés). Le texte est un matériau capable d’englober et de transmettre l’émotion. Chapter VII reconvertit un texte préexistant, le traitant comme un objet qui peut être refondu dans une nouvelle matière. Cet objet-texte crée une occasion de converser avec le corps du.de la spectateur.trice et fait allusion aux émotions négatives, à leur caractère à la fois perceptible et imperceptible.

EXPLOREZ

  • Comment le texte comme objet vous demande de combiner l’acte de lire avec le mouvement autour de l’œuvre.
  • Et comment, à travers cette façon de lire, la compréhension du contenu du texte — une analyse distancée et empirique de l’émotion —dérive des faits à l’émotion.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

claireellenpaquet.com

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Etta Sandry

Mes matériaux — papier quadrillé, grilles, textes et tissages —possèdent une logique et un langage qui leur sont inhérents. Je construis à partir de ces systèmes préétablis en les utilisant comme outils et canevas avec lesquels créer et explorer. À travers la traduction et la rematérialisation, je questionne des concepts apparemment dichotomiques, imaginant qu’il y a entre deux idées comme une membrane malléable, comme une troisième possibilité : « non » est-il le contraire de « oui » ? Y a-t-il un espace entre les deux ?

ŒUVRES

(45.544728, -73.632496), 2017

Coton tissé à la main, bois d’érable et son
68,58 x 48,26 x 157,48 cm


The only thing I think I know for sure (Sunrise)
, 2017

Crayon de couleur sur papier quadrillé
83,82 x 91,44 cm


The only thing I think I know for sure (Sunset)
,
2017

Crayon de couleur sur papier quadrillé
83,82 x 91,44 cm

Avec l’aimable concours de l’artiste

The only thing I think I know for sure suit le lever et le coucher du soleil dans quatre lieux que j’ai fait miens. À travers ces dessins, je tente de me situer en m’attachant à une réalité apparemment constante : le lever et le coucher du soleil. Dans (45.544728, -73.632496), je transpose les données de la ligne du temps de Montréal en tissage et en son. Cette recherche ouvre à de plus vastes questions au sujet du lieu, du foyer, de l’avenir imaginé et des modèles de temps et de mouvement à l’échelle personnelle et mondiale.

EXPLOREZ

  • La grille comme structure d’organisation partagée à la fois par le papier quadrillé et le tissage.
  • Des moyens d’enregistrer et de se souvenir dont les résultats ne sont pas des copies conformes.

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

ettasandry.com

Artist Highlight: Etta Sandry ,Textile Arts Center Blog <textileartscenter.com/blog/artist-highlight-etta-sandry/>

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Adam Simms

J’ai besoin de rester en contact avec Terre-Neuve, d’appartenir à son paysage, de comprendre son isolement, de suivre son histoire avec les empreintes de mes pas jusqu’à ce qu’elle devienne une mémoire sous la plante de mes pieds. Je veux marcher tout au long de son histoire, la fouler aux pieds et la récrire en marquant ma présence dans des lieux que l’histoire a tenté d’effacer. Je dois défier la mondialisation et son manque d’égard pour la dimension locale.

ŒUVRE

Driftwood, 2017

Bois, fil de pêche, boîtier électronique, Wi-Fi
25,4 x 177,8 cm

Avec l’aimable concours de l’artiste

J’ai récupéré le bois flottant de l’océan Atlantique lors d’un voyage dans une communauté réinstallée au large des côtes de Terre-Neuve. Sa délocalisation et sa recontextualisation dans un espace de galerie sont analogues à la migration forcée par le Programme de réinstallation (Resettlement Acts) mis en application après que la province s’est jointe au Canada en 1949. Des données en temps réel recueillies à partir d’une bouée produisent une expérience intime de présence qui contredit l’idée toute faite que les communautés réinstallées ont peu d’avenir.

EXPLOREZ

  • Comment le mouvement ou l’animation relie un objet à son environnement initial.
  • Qu’est-ce suggère la comparaison entre la localité telle que rencontrée dans un espace de galerie et comme une réalité dont on fait l’expérience au sein d’une communauté ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

adamsim.ms

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Undine Sommer

Le quotidien constitue mon matériel brut, ses possibilités en mutation soutiennent ma motivation. En tissant la chorégraphie et la fiction à l’intérieur d’histoires basées sur des faits réels, mon travail théâtralise les gestes de la mémoire. Je cherche à proposer une vision concrète de la politique, puisque les souvenirs somatiques procurent un lieu pour la mémoire à l’extérieur de tout spectacle et questionnent la durée de l’événement. En faisant le portrait de corps empêtrés dans l’histoire et les conflits, je cherche à conserver et à formuler l’effet de confusion et d’ébranlement que ces histoires ont sur nous.

ŒUVRE

Riding Home, 2018

Vidéo HD, couleur, son, 16:9, 3 min 26 s

Avec l’aimable concours de l’artiste

L’artiste remercie Iso E. Setel et Douglas Moffat pour leur aide.

Ce que vous voyez dans l’image est une ballade sans incident dans une forêt, à l’aube, mais ce qui vous apparaît à travers le texte est le souvenir d’une conférence d’Ariella Azoulay rappelant le viol de masse des femmes allemandes après la Deuxième Guerre mondiale, une rencontre avec un psychothérapeute, une femme qui verrouille les portes de sa maison. Ici, le texte et l’image deviennent mutuellement constitutifs, brouillant et reformulant la relation entre vision et parole, poésie et images.

EXPLOREZ

  • Jusqu’à quel point le texte raconte-t-il la vidéo ? À quel moment reste-t-il à distance de ce qui est vu ? Quels sentiments surgissent lorsque les deux se rejoignent ? Ou à quel moment l’image vidéo devient-elle l’arrière-plan du souvenir ?
  • Est-ce que le moment d’entre-deux du petit matin peut rendre l’imaginaire plus vulnérable, plus ouvert à l’influence du texte ?

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS

undinesommer.com

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