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Jonathas de Andrade
Contre-récits et autres constructions fallacieuses
Jonathas de Andrade, O Peixe, 2016, film 16 mm transféré en vidéo HD, couleur, son, 38 min. © Jonathas de Andrade
Jonathas de Andrade, Eu, mestiço, 2017, impressions UV sur carton ondulé Falconboard, dimensions variables. Vue d’installation, Alexander and Bonin, New York, 2017. Crédit photo : Joerg Lohse. Avec l’aimable autorisation de Alexander and Bonin (New York). © Jonathas de Andrade

27 août – 12 octobre 2019

Commissaire : María Wills Londoño, en collaboration avec Audrey Genois et Maude Johnson

En partenariat avec MOMENTA | Biennale de l’image – 16e édition

L’artiste brésilien Jonathas de Andrade s’intéresse aux enjeux culturels et identitaires en explorant, à travers une pratique fondée sur la recherche et la documentation, la mémoire collective et les récits historiques. Au moyen d’œuvres photographiques, vidéographiques ou installatives, il investit les points aveugles et les omissions des récits dominants véhiculés par des réalités sociétales, politiques et idéologiques du monde contemporain. Les perspectives historiques, les documents et les archives alimentent les interventions de l’artiste, qui met en relief les constructions systémiques découlant des relations de pouvoir. Usant fréquemment de l’ambigüité comme stratégie pour mobiliser un débat critique, de Andrade s’attache à rendre visible les rapports de domination et la violence inhérente de ces discours.

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Dans l’exposition Contre-récits et autres constructions fallacieuces, de Andrade propose l’installation photographique Eu, mestiço (2017) et la vidéo O Peixe (2016). Eu, mestiço prend pour point de départ le livre Race and Class in Rural Brazil (1952), fruit d’une recherche anthropologique universitaire qui visait à identifier les manifestations récurrentes du racisme et, plus largement, à révéler une genèse structurelle du racisme au Brésil.

À la manière des films ethnographiques que les anthropologues réalisent pour documenter les cultures et les traditions étudiées, O Peixe dépeint ce qui semble être un rituel parmi les pêcheurs d’un village côtier brésilien. Devant la caméra, un pêcheur attrape un poisson, qu’il serre ensuite dans ses bras jusqu’à ce que celui-ci rende son dernier souffle.

Avec ces deux corpus, de Andrade aborde certains paradoxes liés à la corporalité, ayant trait à la violence. O Peixe examine les relations de pouvoir et les dynamiques de domination que l’être humain entretient à l’égard de l’animal, mais également envers ses semblables. L’œuvre se joue de la plausibilité en offrant un portrait délibérément exoticisant de l’Autre. Pour sa part, Eu, mestiço complexifie les questions de représentation et de présence. L’installation fait état de la situation actuelle du racisme au Brésil tout en réévaluant les méthodes et les résultats de l’étude derrière Race and Class in Rural Brazil et les problèmes que cette dernière soulève et conditionne. Le rapport théâtral et performatif au cœur des œuvres génère une distance permettant la réappropriation critique et la dislocation d’une violence « corporalisée » : une possible déchosification.

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Jonathas de Andrade est né à Maceió et vit à Recife dans le nord-est du Brésil une région qui fait souvent l’objet de son travail.

La vie des choses

5 septembre – 13 octobre 2019

Sous le thème La vie des choses, MOMENTA 2019 explore le caractère, voire la personnalité, que revêt l’objet traduit par l’image. La biennale se penche, certes, sur les relations entre les personnes et les choses, mais elle étudie également les problématiques liées à la notion de pouvoir, lequel serait attribué aux êtres vivants aux dépends des « non vivants » qui, eux, en seraient dépourvus. À travers le regard de 39 artistes en provenance de 20 pays, la biennale examine les contextes économiques, sociaux et culturels dans lesquels la production matérielle est omniprésente.

Cette proposition poétique est énoncée par la commissaire María Wills Londoño, et développée en collaboration avec Audrey Genois et Maude Johnson. Ensemble, elles ont souhaité enrichir la réflexion sur la complexité et l’ambivalence de nos relations aux objets, lesquels encombrent notre planète et nous aliènent tout en traduisant paradoxalement les composantes de notre identité.

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Shuvinai Ashoona
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Cartographier des univers
Shuvina Ashoona, Untitled (woman giving birth to the world), 2010, Pointe fine et crayons de couleur sur papier, 48 x 51 in. (121.9 x 129.5 cm). Collection de John et Joyce Price, Seattle. Photo : Toni Hafkenscheid
Shuvinai Ashoona, Composition (Red Headed Octopus), 2016, Crayons de couleur et encre, 23 x 30 in. (58.4 x 76.2 cm) . Collection privée, Toronto. Photo : Toni Hafkenscheid
Shuvinai Ashoona, Composition (Clams and Globes), 2010. Pointe fine et crayons de couleur sur papier, 96 x 48 in. (243.81 x 121.92) Avec l’aimable concours de John Cook. Photo : Toni Hafkenscheid

31 octobre 2019 – 8 janvier 2020

Commissaire : Nancy Campbell assistée de Justine Kohleal

L’exposition Cartographier des univers présente des travaux sur papier réalisés par Shuvinai Ashoona au cours des deux dernières décennies. Plusieurs de ses premiers dessins dépeignent des scènes de Kinngait (anciennement Cape Dorset), au Nunavut, poursuivant une tradition artistique établie par la famille Ashoona, incluant sa grand-mère Pitseolak Ashoona (1904-1983) et sa cousine Annie Pootoogook (1969-2016). Ashoona est reconnue pour son iconographie extrêmement personnelle et imaginative, qui passe de scènes naturalistes observées de près dans son lieu de vie, dans l’Arctique, à des visions monstrueuses et fantastiques.

Ashoona imagine le passé et le présent fondus dans un futur prophétique, peuplé de créatures hybrides à la fois humaines et animales, de femmes donnant naissance à des mondes, ainsi que des paysages mystiques ou surnaturels inspirés par le territoire nordique où elle réside. Cependant, à la différence de plusieurs visions coloniales des temps à venir, qui paraissent s’appuyer sur les conflits entre les humains et la nature, entre les humains et les autres humains, ou entre les humains et les « envahisseurs » venus d’autres mondes, les univers terrestres et extraterrestres d’Ashoona se projettent dans un futur intergalactique plus vivable. Tirant parti de sa fascination pour les films d’horreur, les bandes dessinées et la télévision, Ashoona associe une imagerie surréelle à des récits quotidiens de façon à redéfinir les frontières entre réalité et rêve, passé et futur.

Shuvinai Ashoona né en 1961 à Kinngait au Nunavut, vit et travaille à Kinngait. Le travail d’Ashoona a fait l’objet de nombreuses expositions solos notamment au Nunatta Sunakkutaangit Museum, Iqaluit (2013); à la MacKenzie Art Gallery, Regina (2012); à la Carleton University Art Gallery, Ottawa (2009); et à l’Art Gallery of Alberta, Edmonton (2006). Elle a également participé a des expositions de groupe entre autres à la Esker Foundation, Calgary (2017); au Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto (2017); à Mercer Union, Toronto (2016); au Musée des beaux-arts du Canada. (2014) et à SITE Santa Fe (2014). Elle a reçu le Prix Gershon Iskowitz en 2018.

Cette exposition est organisée et mise en circulation par The Power Plant Contemporary Art Gallery de Toronto, grâce au soutien du programme TD Ready Commitment, de donateurs importants dont The Schreiber Sisters, un donateur anonyme, du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts de l’Ontario.