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IGNITION est une exposition annuelle mettant en valeur le travail d’étudiants terminant leur maîtrise en Studio Arts et au doctorat en Humanities à l’Université Concordia. Cette manifestation est une occasion pour une génération d’artistes en devenir de présenter des oeuvres ambitieuses et interdisciplinaires dans le contexte professionnel d’une galerie au profil national et international. Ces étudiants travaillent en collaboration avec l’équipe de la Galerie afin de produire une exposition qui rassemble des oeuvres qui ont une dimension critique, innovatrice et expérimentale menant à une réflexion sur les médias et les pratiques artistiques.

IGNITION 14
Undine Sommer, Riding Home, 2018. Vue d'installation. Photo : Paul Litherland/Studio Lux
Adam Simms, Driftwood, 2017. Vue d'installation. Photo : Paul Litherland/Studio Lux
Brent Cleveland, Roger Moore, 2017. Avec l'aimable concours de l'artiste
Mara Eagle, The Incorporation of Jane Austen (documentation), 2018. Avec l'aimable concours de l'artiste
Claire Ellen Paquet, Chapter VII, 2017. Détail de l'installation. Photo : Paul Litherland/Studio Lux

2 mai au 2 juin 2018

Matthew Brooks, Brent Cleveland, Mara Eagle, Muhammad Nour Elkhairy, Malcolm McCormick, Emilie Morin, Claire Ellen Paquet, Etta Sandry, Adam Simms, Undine Sommer

Projets sélectionnés par Tammer El-Sheikh et Michèle Thériault

Pistes de réflexion

Horaire des performances

Mara Eagle, The Incorporation of Jane Austen, 2018

(Mis à jour chaque semaine)

Semaine 4

Mardi 22 mai : 15 h – 18 h
Mercredi 23 mai : 12 h 30 – 15 h 30
Jeudi 24 mai : 12 h – 15 h
Vendredi 25 mai : 12 h – 15 h

Semaine 5 – Dernière semaine

Mardi 29 mai : 15 h – 18 h
Mercredi 30 mai : 14 h 30 – 17 h 30
Jeudi 31 mai : 12 h – 15 h
Vendredi 1 juin : 15 h – 18 h


Emilie Morin, Trou (les beaux jours), 2016 –

Afin de faire l’expérience de l’œuvre, vous devez prendre un rendez-vous en suivant l’horaire ci-dessous. La prise de rendez-vous peut se faire par courriel à l’adresse suivante : binaellengallery@gmail.com ou en personne au bureau de la réception

Jeudi 31 mai | 13 h – 17 h – Dernier jour

13 h; 13 h 15; 13 h 30; 13 h 45; 14 h; 14 h 15; 14 h 30; 14 h 45; 15 h; 15 h 15; 15 h 30; 15 h 45; 16 h; 16 h 15; 16 h 30; 16 h 45

Afin d’établir le choix des œuvres de cette exposition annuelle, Michèle Thériault et moi avons étudié les projets des artistes formulés dans leurs propres mots, ou les descriptions de ce qu’ils ou elles souhaiteraient exposer, ainsi que des images de leurs réalisations passées ou de leurs travaux en cours, afin d’avoir une idée de leurs styles respectifs. Les propositions étaient comme des missives, auxquelles nous avons d’abord répondu en ajoutant des mots pour les qualifier : audacieuse, troublante, romantique, incisive, réfléchie, empreinte d’un humour noir ou tout simplement sombre.

L’exposition ne s’est pas construite sur une ligne directrice, mais les liens entre les œuvres s’avèrent multiples. Après avoir imaginé les projets retenus dans l’espace, je n’ai cessé de revenir à deux des sens du mot « articulation » pour en tirer un thème – le sens linguistique du mot, qui désigne une expression ou un.e locuteur.trice clair.e et cohérent.e, et le sens plus spatial, qui décrit un joint, un coin ou un lien. À travers l’articulation de leurs pratiques, les artistes sélectionnés reflètent un aspect caractéristique de la pédagogie à la maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia – qui veut que chacun.e prenne la responsabilité de ses œuvres en pensée et en paroles. Les artistes de IGNITION 14 ont relevé ce défi avec brio. Le second sens du mot est plus difficile à expliquer. Par le fruit du hasard ou de la sérendipité, de l’intuition de Michèle Thériault ou d’une combinaison de tous ces facteurs, les œuvres ont été regroupées dans la galerie de façon à suggérer plusieurs formes d’articulation – un joint, un coin, un lien – entre nature et culture, surface et profondeur, parole, écriture et combat, ainsi qu’entre la pensée du foyer et le sentiment de l’éloignement.

Dans la première salle, les œuvres de Claire Ellen Paquet et d’Etta Sandry sont immobilisées en pleine conversation. Les bannières tissées de Paquet reproduisant des extraits d’un livre de Charles Darwin se confrontent à l’œuvre textile de Sandry qui reproduit le cycle du lever au coucher du soleil comme une gestalt. Dans la pièce suivante, les vues nocturnes très précises d’une architecture abandonnée en bordure de route prises par Matthew Brooks font face aux portraits de Brent Cleveland et de sa galerie de personnages gluants et libidineux. Ces paires d’œuvres désignent puis perturbent la démarcation conventionnelle entre nature et culture. Juste à côté, l’installation de Malcolm McCormick propose une vue anatomique de la peinture comme un jeu entre des surfaces décoratives, des profondeurs construites et projetées, et des angles de vision idéaux. Et nous voici plongé.e.s dans des salles virtuelles et réelles réservées à des visions d’écrivain.e.s. Alors que Mara Eagle, en performance dans la galerie, copie à la main la correspondance de Jane Austen, les vidéos en boucle de Muhammad Nour Elkhairy explorent la tâche de l’exilé qui se consacre à l’écriture comme réalisation de désir et comme répétition. Le concept d’articulation dans ces œuvres porte le poids de la politique des genres d’une auteure typique de l’ère victorienne, ainsi que celui de la politique anticolonialiste des Palestiniens de la diaspora. Au fond de la galerie, dans trois salles séparées, ce concept se révèle dans des œuvres qui explorent les écarts et les liens entre l’ici et l’ailleurs. Encore là, nous retrouvons plusieurs fois la notion d’exil : sur le chemin du retour à la maison en vélo, au crépuscule, dans la vidéo pleine de suspense de Undine Sommer; dans le mouvement ondulatoire d’une pièce de bois flottant, ballottée par une marée de Terre-Neuve retransmise en direct dans la sculpture cinétique d’Adam Simms; enfin, dans la salle de réunion de la galerie, en faisant l’expérience d’une intimité médiatisée par la performance d’Emilie Morin, réalisée sur Skype depuis son appartement de Montréal.

Commentaire de Tammer El-Sheikh

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du Printemps numérique 2018.

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