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VINCENT MEESSEN. BLUES KLAIR
Vincent Meessen. 21st Century, Discordia et K-Variable, 2018. Vue de l'installation, Galerie Leonard & Bina Ellen. Avec l'aimable concours de l'artiste. Photo : Paul Litherland/Lux Studio.
Vincent Meessen, Sans Issue, Straram's Trama et Index, 2018. Vue de l'installation, Galerie Leonard & Bina Ellen. Avec l'aimable concours de l'artiste. Photo : Paul Litherland/Lux Studio.
Vincent Meessen, Ultramarine, 2018. Vue de l'installation, Galerie Leonard & Bina Ellen. Avec l'aimable concours de l'artiste. Photo : Paul Litherland/Lux Studio.
Vincent Meessen, Index et Straram's Trama, 2018. Vue de l'installation, Galerie Leonard & Bina Ellen. Avec l'aimable concours de l'artiste. Photo : Paul Litherland/Lux Studio.
Vincent Meessen, Discordia et New Canadians. Vue de l'installation, Galerie Leonard & Bina Ellen. Avec l'aimable concours de l'artiste. Photo : Paul Litherland/Lux Studio.

17 novembre 2018 – 23 février 2019

Commissaire : Michèle Thériault

Vernissage
Samedi 17 novembre
15 h 30 – 17 h 30

Dialogue
Vincent Meessen et Sylvano Santini
Samedi 17 novembre
16 h 00

Événements
Horaire de projection
Pistes de réflexion
Communiqué

Vincent Meessen s’intéresse à l’Histoire et à la construction de la modernité coloniale dans l’imaginaire occidental. À travers un processus de recherche à la fois systématique et spéculatif dans des archives et sur le terrain d’origine, il cherche à conférer au document une agentivité contextuelle.  En le liant à des individus, des objets et des occurrences dont l’imbrication au sein de divers médias crée de nouvelles expériences sensibles, l’exposition devient le lieu d’une mise à l’épreuve de l’Histoire au présent. Les trajectoires qui en résultent désaxent la trame des discours reçus, proposent des relectures et réécritures au riche potentiel transculturel et politique.

Au cœur de Blues Klair se trouve projeté le film Ultramarine. Dans un dispositif textile conçu en collaboration avec la designer Diane Steverlynck, le bleu décline ses nuances à la fois chromatiques, historiques, matérielles et inconscientes dans une performance du poète afro-américain Kain – illustre précurseur du rap à la fin des années 60 – associé au jeune batteur belge Lander Gyselinck, improvisant au gré du « spoken word » de son aîné. Tout au long de leur performance, divers objets historiques – astrolabe, mappemonde, automate, tissu, fresque, pellicule cinématographique – se mêlent aux accessoires de scène de Kain. Ils font surgir des considérations mémorielles et affectives sur l’exil et l’appartenance, les routes de l’esclavage et du commerce colonial.

Ces surgissements sont mis en relation avec la figure et le projet littéraire Blues Clair de  Patrick Straram, auteur et critique passionné de jazz et de cinéma, exilé à Montréal en 1958, après avoir participé à l’aventure lettriste aux côtés de Guy Debord à Paris.  Associant le texte aux documents d’archives, Meessen tisse une trame narrative entremêlant ces deux exils. L’artiste s’intéresse aussi à la Sir George Williams Affair – la contestation raciale menée par des étudiant.e.s caribéen.ne.s de l’Université en 1969 qui se répercuta jusque dans les Caraïbes. L’artiste pointe l’en-commun des mouvements émancipatoires du passé et fait vibrer l’écho de leurs poétiques propres dans sa remise en mouvement des signes et des images.

Des récits et destins enfouis dans l’Histoire trouvent ici un territoire partagé, celui de l’exposition, qui leur permet de se mobiliser et de dialoguer ensemble par les formes empruntées, leur occupation de l’espace, les sons qui y circulent et la couleur comme filtre sensible de lecture dans le présent.

Ultramarine est une commande du Printemps de Septembre (Toulouse) pour son édition 2018. Produit par Jubilee (Bruxelles) en collaboration avec la Galerie Leonard & Bina Ellen, Université Concordia (Montréal), et The Power Plant (Toronto) avec l’appui de VAF (Fonds Audiovisuel de Flandre), Vlaamse Gemeenschap et le Nouveau Musée National de Monaco.


Vincent Meessen, né en 1971 à Baltimore, É.-U., vit et travaille à Bruxelles, Belgique. Il a représenté la Belgique à la 56e Biennale de Venise en 2015 avec le projet Personne et les autres, une exposition collective regroupant une dizaine d’artistes de quatre continents. Son travail a fait l’objet des expositions solo suivantes : Ultramarine, Printemps de Septembre, Toulouse, 2018; Omar en Mai, Centre Georges Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, 2018; Patterns for (Re)cognition dont diverses itérations ont été présentées à BOZAR, Bruxelles, 2017, Kunsthalle Basel, 2015, et KIOSK, Gand, 2013; Sire, je suis de l’ôtre pays, WIELS, Bruxelles, 2016, et Mi ultima vida, An African Grammar After Roland Barthes, MUAC, Mexico, 2013-2014. Meessen a également participé aux expositions collectives suivantes : 50 Years after 50 Years of the Bauhaus 1968, Württembergischer, Kunstverein Stuttgart, 2018 ; et Gestures and Archives of the Present, Genealogies of the Future,  Biennale de Taipei, 2016. Ces films ont été présentés dans des institutions muséales telles que Kiasma, Helsinki ; MUMOK, Vienne ; Museo Reina Sofia, Madrid ; Lincoln Center, New York et dans les festivals IFFR, Rotterdam ; IDFA, Amsterdam; Image Forum Festival, Tokyo et FESPACO, Ouagadougou. Vincent Meessen est membre fondateur de Jubilee, platforme de recherche et production artistiques. Blues Klair est la première exposition solo de l’artiste au Canada et aux États-Unis.