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SIGHTINGS
Défamiliarisation

Inauguré en 2012 à l’occasion du 50e anniversaire de la collection permanente de la Galerie Leonard & Bina Ellen, le programme d’expositions satellites SIGHTINGS a été conçu comme une plateforme d’expérimentation et de réflexion critique afin de questionner les possibilités et les limites de l’espace du « cube blanc » moderniste. Ce programme est associé à un module de présentation cubique situé dans un espace public de l’université, que des artistes et des commissaires sont invité.e.s à investir en proposant de nouvelles stratégies de monstration artistique.

Les quatre derniers cycles du programme annuel SIGHTINGS ont abordé les thèmes du travail, de la pédagogie, des psychopathologies et des systèmes. La programmation 2019-2020 se penchera sur la défamiliarisation — comme état d’esprit, lieu de l’imaginaire et point de vue à partir desquels il est possible de percevoir le monde et soi-même de l’extérieur. Situés dans le périmètre de la plateforme satellite de la Galerie ou à proximité d’elle, les projets se dissocieront des présupposés qui font du « cube blanc » moderniste un espace conceptuel codé comme neutre, autonome et coupé du monde extérieur. Au contraire, les interventions dans le cube SIGHTINGS auront recours à des stratégies discursives et à des méthodologies de présentation afin de mettre en récit leur propre contingence, se pencher sur le sentiment de l’étrangeté et explorer les processus d’auto-effacement et d’introspection. Repensée comme dispositif de positionnement, la défamiliarisation devient ici une façon d’ouvrir l’espace au changement et à la renégociation.

Le programme SIGHTINGS est élaboré par Julia Eilers Smith.

SIGHTINGS est situé au rez-de-chaussée du Pavillon Hall au 1455 boul. De Maisonneuve Ouest et est accessible tous les jours, y compris les fins de semaine, de 7 h à 23 h.

SIGHTINGS 29
right here, right now
Vue d’installation de Sightings 29, right here right now, un projet de karen elaine spencer. Photo: Paul Litherland

Née à Nelson, en Colombie-Britannique, karen elaine spencer vit et travaille à Montréal. Elle détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal et un baccalauréat en beaux-arts du Nova Scotia College of Art and Design à Halifax. Oscillant entre le travail dans la rue, les expositions en galerie et les projets web, spencer questionne les hiérarchies et investigue comment nous, en tant qu’êtres transitoires, occupons le monde dans lequel nous vivons. Ses récents accomplissements incluent la production de l’œuvre inédite « nous sommes tous » d’après une commande d’une école de Saint-Jean-de-Matha (Intégration des arts à l’architecture, 2020), la réalisation d’un textile inspiré de Margaret Atwood pour le Consulat général du Canada à New York (2019), et le design du tapis de la salle Québec pour la Maison du Canada à Londres (2015 avec Nadia Myre).

Les expositions récentes et à venir de son travail incluent : « to hold in the hand » chez Admare, aux Îles-de-la-Madeleine (2020), « movin’ the charter » chez Dare-Dare, à Montréal (2018-2019) et « enveloping self i smell memory » à la Galerie Sans Nom, à Moncton (2018). Le travail de spencer se trouve dans plusieurs collections, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec, la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada, la Bibliothèque nationale du Québec, le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, ainsi que des collections corporatives et privées en France, au Canada et aux Etats-Unis. En 2012, spencer a reçu le Prix Powerhouse de La Centrale. Elle était finaliste pour le prix en art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec (prix en art actuel) en 2016, ainsi que pour le prix Louis Comtois en 2019.

karen elaine spencer tient à remercier : la Galerie Leonard & Bina Ellen, Julia Eilers Smith, Hugues Dugas, Jack Locke, Myriam Wares, Karima Boudjeroua, Greta Thunberg ainsi que Nadia Myre et ses étudiant.es inscrits dans les cours ArtX.

11 janvier au 10 mai 2020 (prolongé)

Un projet de karen elaine spencer

Isolés de leur lieu, de leur intention et de leur oratrice d’origine, les quatre mots anglais tirés du discours que Greta Thunberg a prononcé à l’Organisation des Nations Unies le 23 septembre 2019 sont réemployés pour former un texte à grande échelle disposé à l’intérieur de la structure d’exposition à l’entrée de l’édifice Hall de l’Université Concordia à Montréal, Québec.

Les quatre mots délimitent une frontière entre ceux qui sont inclus – « nous » –, et ceux qui sont exclus – « vous ».  Le 27 septembre 2019 plus de 500 000 personnes, dont Thunberg, ont pris d’assaut les rues de Montréal en appelant les politicien.nes à agir sur l’urgence climatique. Les manifestant.es, identifié.es par le « nous » du discours de Thunberg, se sont adressé.es directement au « vous » de ceux au pouvoir.

Cependant, qui est ce « vous » qui se distingue du « nous » des manifestant.es ? Et comment nous positionnons-nous et nos communautés à même cette division ? Est-ce que les « nous/vous » de ces déclarations peuvent être circonscrits, définis ? Ou est-ce que le pouvoir de leur évocation réside dans leur caractère indéterminable permettant une multitude de – peut-être conflictuelles – identifications ?

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right here right now s’empare de ces quatre mots pour les agrandir en une bannière de 24 pieds. Pas tout à fait signe, pas tout à fait propagande, la phrase est fragmentée par les quatre côtés du cube, transformant ainsi la bidimensionnalité de la bannière en trois dimensions. Cette fragmentation combinée à la police de caractère dessinée à la main, peu précise et difficile à déchiffrer, mine le désir d’une communication efficace et rend incertaine notre compréhension de l’inscription. Sans ponctuation, nous ne pouvons déterminer où la phrase débute et où elle se termine, ou même si ces quatre mots, chacun isolé dans le cadre de leur fenêtre respective, forment une phrase.

Le cube SIGHTINGS, situé à l’extérieur de la galerie Leonard et Bina Ellen, complique la lecture du texte et sa relation aux autorités de l’Université. L’inscription publique, liée à la représentation de l’identité, à la construction d’une nation, au territoire, à la culture et au pouvoir est ici adoucie par la position ambigüe du cube, isolé au bas des escaliers roulants.

La phrase projette vers un avenir toujours inconnu. Et bien que Thunberg ait souhaité que ces mots soient compris comme une déclaration pour une responsabilité future, ici la question se pose à savoir à qui s’adresse cette déclaration et de qui provient-elle ? Si cette phrase est perçue comme une intuition visionnaire qui maintient l’autre sous les projecteurs, est-ce perçu comme une menace ou comme l’assurance d’une prise en charge future ? Car bien que, selon le modèle agonistique, Chantal Mouffe articule l’espace public comme un champ de bataille – il s’agit d’un champ de bataille où les événements conflictuels et contradictoires peuvent avoir lieu et ont lieu – peut-être pouvons-nous espérer que ces événements engendrent également des actes d’ouverture, de dialogue et de changement.

Traduit de l’anglais par Catherine Barnabé

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Née à Nelson, en Colombie-Britannique, karen elaine spencer vit et travaille à Montréal. Elle détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal et un baccalauréat en beaux-arts du Nova Scotia College of Art and Design à Halifax. Oscillant entre le travail dans la rue, les expositions en galerie et les projets web, spencer questionne les hiérarchies et investigue comment nous, en tant qu’êtres transitoires, occupons le monde dans lequel nous vivons. Ses récents accomplissements incluent la production de l’œuvre inédite « nous sommes tous » d’après une commande d’une école de Saint-Jean-de-Matha (Intégration des arts à l’architecture, 2020), la réalisation d’un textile inspiré de Margaret Atwood pour le Consulat général du Canada à New York (2019), et le design du tapis de la salle Québec pour la Maison du Canada à Londres (2015 avec Nadia Myre).

Les expositions récentes et à venir de son travail incluent : « to hold in the hand » chez Admare, aux Îles-de-la-Madeleine (2020), « movin’ the charter » chez Dare-Dare, à Montréal (2018-2019) et « enveloping self i smell memory » à la Galerie Sans Nom, à Moncton (2018). Le travail de spencer se trouve dans plusieurs collections, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec, la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada, la Bibliothèque nationale du Québec, le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, ainsi que des collections corporatives et privées en France, au Canada et aux Etats-Unis. En 2012, spencer a reçu le Prix Powerhouse de La Centrale. Elle était finaliste pour le prix en art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec (prix en art actuel) en 2016, ainsi que pour le prix Louis Comtois en 2019.

karen elaine spencer tient à remercier : la Galerie Leonard & Bina Ellen, Julia Eilers Smith, Hugues Dugas, Jack Locke, Myriam Wares, Karima Boudjeroua, Greta Thunberg ainsi que Nadia Myre et ses étudiant.es inscrits dans les cours ArtX.