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FAUX CADAVRE
Julie Favreau, Pièce Possession (Les chambres baroques), 2009. Image tirée de la vidéo, avec l'aimable concours de l'artiste.
Interprètes : Nicolas Cantin, Caroline Dubois, Anne Thériault, Sarah Wendt. Musique : Marie Davidson.
L’artiste tient à remercier le Conseil des arts du Canada.

Faux cadavre est une possession, un interlope, un détournement, un alibi, un intermédiaire, une incorrection, une diversion, un iconoclaste. Cette exposition réunit trois artistes qui posent un regard critique, mais également célébratoire, sur le déchirement de l’identité sous l’effet des pressions politiques, psychologiques et sociales. Faisant souvent de l’interférence culturelle dans les arts visuels, le design contraint la culture à se laisser définir par des reformulations systématiques en matière d’utilité et de nouveauté. Par contre, cette imposition résulte également dans la construction d’un espace intermédiaire où les artistes peuvent proposer une enquête critique sur la notion d’utilité en abusant des pressions culturelles qui tentent de définir notre caractère, et ce pour conjurer, ranimer et produire de nouvelles identités. Faux cadavre est au départ inanimé, telle une identité égarée ou réorientée, mais jamais inoffensive. Il souligne l’insuffisance des identités qui nous sont si souvent assignées et nous rappelle tout ce qu’il est possible de faire à la surface des choses.

Julie Favreau, dans son travail, utilise comme matériau de base des restes d’ornementation domestique. Glanés dans les brocantes, les marchés aux puces et les propriétés abandonnées, ils sont distribués dans un décor de parloirs en fragments. Un ensemble enchanteur de récits et de temporalités se construit entre performeurs et objets pour atteindre un paroxysme fébrile qui parcoure les tableaux.

C’est un autre type de décoration qui intéresse Marc-Antoine K. Phaneuf avec sa collection de trophées. Comme l’habitude le veut, les plaquettes gravées de ces derniers présentent le nom de leur lauréat et la nature de la récompense. La collection agit comme un inventaire particulier de noms, d’affiliations et de réalisations. Servant de dispositif poétique, l’ensemble peut se lire comme un chœur ou simplement comme une liste et, dans les deux cas, comme un testament de cet « effort supplémentaire » donné pour se surpasser et vivre un moment de gloire.

Se jouant du trope de la visite audioguidée, dispositif commun aux musées aussi bien qu’aux programmes touristiques, L’ACTIVITÉ/Olivier Choinière conduit le visiteur à l’extérieur de la galerie, dans la projection d’une utopie culturelle. Superposée au va-et-vient quotidien et à l’infrastructure du quartier avoisinant de la galerie, la bande sonore révèle un spectacle perpétuel en cours. L’œuvre confronte les ambitions actuelles de la ville qui cherche à s’établir comme capitale culturelle à l’aide d’un nouveau plan urbain. La visite audioguidée immerge le visiteur dans le théâtre du jeu politique et lui demande jusqu’à quel point il pourrait en être un sujet.

– Robin Simpson

Produit avec l’appui du Frederick and Mary Kay Lowy Art Education Fund.

Commissaire : Robin Simpson avec la collaboration de Maryse Larivière

Exposition produite par la Galerie Leonard & Bina Ellen avec l’appui du Conseil des Arts du Canada.

LES ARTISTES

L’ACTIVITÉ/
Olivier Choinière

Diplômé en écriture dramatique, Olivier Choinière a participé à plus d’une trentaine de productions théâtrales principalement comme auteur et comme metteur en scène et concepteur. En 2000, il fonde L’Activité Répétitive Grandement Grandement Libératrice. En 2003, L’ACTIVITÉ est descendue de son toit pour investir la rue avec Beauté intérieure, une déambulation audio-guidée pour un spectateur à la fois. Ascension conduisait les marcheurs solitaires au sommet du mont Royal. Une autre déambulation avec baladeur, Bienvenue à – (une ville dont vous êtes le touriste), a été présentée à Chicoutimi, Shawinigan, Montréal et Ottawa et sera présenté à Mulhouse, France, en collaboration avec La Filtature. Vers solitaire (OUT) faisait marcher les spect-acteurs dans le réseau souterrain de la ville de Montréal tandis que Marche sur ma tombe les faisait errer dans la collection permanente du Musée national des beaux-arts du Québec.

L’ACTIVITÉ est une plate-forme de création. Elle est la tribune et le porte-voix de l’auteur et metteur en scène Olivier Choinière. Fondée en 2000, L’ACTIVITÉ est née d’un questionnement sur tout ce qui touche la représentation, particulièrement la place qu’occupe le spectateur à l’intérieur du spectacle. Elle tente, à chaque production, de bousculer le théâtre en y faisant entrer des formes qui lui sont traditionnellement étrangères.

L’ŒUVRE

Travaux d’aménagement, 2009

À l’instar du projet du Quartier des spectacles et des travaux en cours sur le boulevard De Maisonneuve, les projets d’aménagements urbains visent à mettre en valeur une rue, une place ou un quartier afin d’y organiser, de concentrer et de favoriser l’activité humaine.

L’espace aménagé se veut riche en rencontres (sociales, économiques, culturelles), où l’art, l’architecture et le design deviennent des lieux de rendez-vous. Mais si on peut aménager l’espace, peut-on y organiser la vie à venir? Plus que de provoquer la rencontre, ces aménagements ne tendraient-ils pas à devenir des lieux de passage “admirables”, voire des corridors habités par le mobilier urbain, mais désertés par le citadin? Loin de le remplir, les aménagements soulignerait le vide urbain, où c’est plutôt l’isolement, l’angoisse et l’anomie sociale que l’art se trouve à organiser et mettre en valeur.

L’ACTIVITÉ utilise des aménagements déjà existants, en cours ou à venir de la place Norman-Bethune et du boulevard De Maisonneuve en invitant l’auditeur à participer aux travaux en cours. Une murale, un chantier de construction ou une statue deviennent les sites d’une visite guidée ou le lieu d’une performance qu’il lui est proposer d’exécuter. Ainsi, il aménage lui-même l’espace, puisque par sa seule présence (passive ou active, invisible ou décalée), il “organise pour mettre en valeur.”

Déambulation audio-guidée.
L’ACTIVITÉ/Olivier Choinière
Voix: Simone Chevalot

EXPLOREZ

  • les types de questions que cette œuvre soulève à propos de l’environnement urbain dans lequel elle s’inscrit;
  • le rôle du spectateur/de l’auditeur/du participant dans cette œuvre.

 

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Julie Favreau

Le parcours de Julie Favreau débute en 2005, lorsqu’elle présente une installation vidéo à la Galerie de l’Université du Québec à Montréal dans le cadre de l’exposition Glissements. Art et écriture. L’année suivante, elle approfondit la mise en scène en France, lors de stages aux Laboratoires d’Aubervilliers. Elle diffuse aussi collectivement son travail dans divers centres d’art, notamment en France et à Montréal. Au printemps 2007, elle réalise 8 personnages engagés pour peupler scénario de drame psychologique et investit la Galerie Clark. À l’automne suivant, son projet Plan d’aménagement, créé en collaboration avec Caroline Dubois, est diffusé par le centre d’artistes DARE-DARE. En 2009, elle présentera les différents volets de Pièce Possession, débutant à la Galerie Leonard & Bina Ellen lors de l’exposition The Wrong Corpse et se terminant au centre d’artistes l’Écart. AXENÉO7 l’accueillera en 2010 dans le cadre d’une résidence-exposition. Elle vit et travaille à Montréal.

Dans un esprit à la fois tragique et ludique, Julie Favreau chorégraphie des actions, conçoit des images vidéographiques et des installations. Elle fabrique des petits mondes qu’elle élabore tels des systèmes qui déploient leurs propres règles. Elle y fait intervenir des performeurs afin de mettre en scène des palettes de comportements excessifs. Les contextes produits nous montrent des situations qui renouent avec les origines des œuvres tragiques; ils puisent dans l’imaginaire visuel des luttes, des batailles pour le pouvoir, des violences, des nostalgies.

L’ŒUVRE

Pièce Possession (Les chambres baroques), 2009

Avec Pièce Possession (Les chambres baroques), Julie Favreau poursuit ses recherches de mise en scène de performeur dans une installation qui interroge notre relation aux représentations tragiques et psychologiques. Construite à partir d’objets collectionnés autour d’un monde mystique, cette installation-vidéo-performance présente des personnages en transe, qui errent dans des décors évoquant des films de suspenses et d’horreur.

EXPLOREZ

  • les différents éléments présents dans Pièce Possession (Les chambres baroques) et les façons dont ils interagissent;
  • la notion d’absence et son importance dans cette œuvre.

 

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Marc-Antoine K. Phaneuf

Né en 1980, Marc-Antoine K. Phaneuf vit et travaille à Montréal. Il partage son temps entre l’art actuel, la littérature, la performance et la musique électroacoustique. En arts visuels, son travail (solo ou au sein du collectif Les QQistes) a été présenté, entre autres, à la Galerie Joyce Yahouda, à la Manif d’art 3 – la Biennale de Québec (2005), au Centre d’art Amherst (Le luxe du vernissage, 2005) ainsi qu’à Orange 2006 – L’événement d’art actuel de Saint-Hyacinthe (2006) et au Centre d’art Clark (Les petites annonces – Objets poétiques et design vernaculaire, 2009). Il a publié deux livres de poésie aux éditions Le Quartanier : Fashionably Tales, une épopée des plus brillants exploits en 2007 et Téléthons de la Grande Surface (inventaire catégorique) en 2008.

À titre d’artiste et écrivain, je m’intéresse aux divers objets de la culture populaire et aux textes qui y sont inscrits. Je collectionne les objets trouvés pour les agencer et les faire dialoguer. Je dote les textes utilitaires d’une charge littéraire et poétique. Depuis quelques temps, j’amasse des petites annonces de babillard, des trophées, des livres, uniquement pour leur matérialité ou leur couverture, et différents objets relatant notre époque.

L’ŒUVRE

Collection de trophées, 2009

Collection de trophées est un lot de cent soixante trophées relatant la production de ce type d’objet au cours des cinquante dernières années. Monuments souvenirs au format du bibelot ou de la statuaire et fabriqués par un artisan (en opposition à l’artiste), chaque trophée de la collection est porteur d’une histoire. Par l’usure dont certain font état, mais principalement par le texte qu’ils contiennent, ils laissent des traces avec lesquels le spectateur pourra se construire plusieurs fictions qui lui seront uniques.

Installation, dimensions variables.

EXPLOREZ

  • les objets qui sont présentés dans cette œuvre, les textes qui les accompagnent, et la relation qui existe entre les deux;
  • la notion de fiction et sa présence (ou absence) dans cette œuvre.

 

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