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Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation
What's Love Got To Do With It (image tirée de la vidéo), 2025. Avec l'aimable concours des artistes
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19 juin – 9 août 2026

Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation / Kanorónhkhwa’tshera Karenna’shón:’a Taká:taste ne Aionkhiia’tó:rarake

Commissaire : Tomas Jonsson

Peter Morin et Jimmie Kilpatrick

Dans la vitrine intérieure de la Galerie

 

Événement
Essai (français)
Essai (kanien’kéha)
Communiqué de presse

Les artistes Peter Morin et Jimmie Kilpatrick sont des amis qui partagent un amour profond pour le karaoké et le mettent en scène à travers leur collaboration artistique continue, Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation / Kanorónhkhwa’tshera Karenna’shón:’a Taká:taste ne Aionkhiia’tó:rarake, un projet de karaoké participatif fondé sur la bienveillance, la joie, une vision d’avenir, qui vise à faire émerger une voix collective à travers le chant. Grâce à la réappropriation des chansons d’amour populaires, ce projet critique, confronte et démantèle les notions historiques et les manifestations actuelles du colonialisme de peuplement, et utilise le karaoké comme méthodologie de changement social.

« Pendant ces trois minutes, tu es une star, et tu te sens comme une star. Et les gens qui regardent réalisent qu’ils sont en train de regarder une star. Cette performance est guidée par ces trois minutes, et durant ces minutes nous offrons au chanteur ou à la chanteuse la chance de recadrer sa relation à la colonisation et à l’acte de décolonisation au Canada. » — Peter Morin & Jimmie Kilpatrick

Cette exposition, présentée dans la vitrine de la Galerie, rassemble des objets éphémères et de la documentation issus de performances passées. L’exposition est accessible au public tous les jours de 7h à 23h dans le rez-de-chaussée du pavillon de la bibliothèque J.W. McConnell, au 1400, boul. de Maisonneuve O.

Les artistes Peter Morin et Jimmie Kilpatrick sont des amis qui partagent un amour profond pour le karaoké et le mettent en scène à travers leur collaboration artistique continue, Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation / Kanorónhkhwa’tshera Karenna’shón:’a Taká:taste ne Aionkhiia’tó:rarake, un projet de karaoké participatif fondé sur la bienveillance, la joie, une vision d’avenir, qui vise à faire émerger une voix collective à travers le chant. Grâce à la réappropriation des chansons d’amour populaires, ce projet critique, confronte et démantèle les notions historiques et les manifestations actuelles du colonialisme de peuplement, et utilise le karaoké comme méthodologie de changement social.

« Pendant ces trois minutes, tu es une star, et tu te sens comme une star. Et les gens qui regardent réalisent qu’ils sont en train de regarder une star. Cette performance est guidée par ces trois minutes, et durant ces minutes nous offrons au chanteur ou à la chanteuse la chance de recadrer sa relation à la colonisation et à l’acte de décolonisation au Canada. » — Peter Morin & Jimmie Kilpatrick

Cette exposition, présentée dans la vitrine de la Galerie, rassemble des objets éphémères et de la documentation issus de performances passées. L’exposition est accessible au public tous les jours de 7h à 23h dans le rez-de-chaussée du pavillon de la bibliothèque J.W. McConnell, au 1400, boul. de Maisonneuve O.

Il y a une lumière qui ne s’éteint jamais

Tomas Jonsson

Le karaoké, comme la décolonisation, gagne à être abordé avec vulnérabilité, sincérité et joie. Toujours et encore, Peter Morin et Jimmie Kilpatrick ont insufflé de la magie à travers le chant et le rire. Ils ont performé ensemble dans des champs de blé, des musées, le Double Decker (alias l’Église du Karaoké), des universités, sur des trottoirs, dans des couloirs et le long des rives. À travers les itérations sans cesse croissantes de leur projet Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation, il se dégage une qualité qui va au-delà de la convivialité d’une interprétation sincère de Je survivrai. En nommant cette qualité insaisissable, Peter et Jimmie n’ont toujours pas trouvé ce qu’ils cherchent. C’est quelque chose de plus que des mots. Il y a une dimension sacrée, un acte collectif de reconfiguration.

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Le karaoké, tout comme la décolonisation, ne demande pas de virtuosité. Le passage vers la scène est un geste d’accueil, lancé par les hôtes et par celles et ceux qui sont rassemblé·e·s. Chaque personne qui chante s’engage dans ce processus à sa manière, en suivant son propre chemin, et ces moments sont ponctués de cris d’enthousiasme et d’exclamations lorsqu’ils sont reconnus collectivement. Nous ne chantons pas toujours juste, mais à l’unisson. Nous ne nous approprions pas les chansons, nous les habitons. Comme le souligne l’artiste Kosisochukwu Nnebe, la langue est à la fois une blessure et un pont1. Nous chantons avec les mots qui sont les nôtres. Nous tordons les paroles et les détournons, modifiant de manière subversive l’ADN des chansons jusqu’à ce qu’elles cessent de faire sens. La résonance persiste et s’amplifie dans nos corps et nos voix. La lumière du karaoké rayonne vers l’extérieur. En échange du don de nos chansons, nous recevons en retour un t-shirt qui révèle la vérité : nous sommes les chansons d’amour.

L’installation dans la vitrine de la Galerie Ellen suspend un moment, un jour dans la vie d’un groupe de chanteurs et chanteuses imaginé·e·s, témoignant de la puissance de l’amour. La lueur des enseignes au néon et la lumière réfractée d’une boule disco éclairent une archive grandissante d’objets éphémères : les incontournables feuillets de chansons des rencontres passées ; des mannequins vêtus de vestes en jean bleu perlées réalisées par Peter et Jimmie ; et des T-shirts conçus par des collaborateur·trice·s du karaoké, dont Tania Willard, Kevin De Forest, Susan Blight avec Melody McIver, et Veronica Wachter.

Une boucle de vidéos de karaoké est diffusée sur un téléviseur, leur son traversant la paroi vitrée et invitant les passant·e·s à chanter de tout leur cœur. Ces sept pistes figurent sur le vinyle Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation, le tout premier double LP de karaoké, également inclus dans la vitrine.

Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation s’inscrit dans la continuité de projets tels que Ayum-ee-aawach Oomama-mowan: Speaking to Their Mother [Parler à leur mère] de Rebecca Belmore, Flashlight [éclats de lumière] de Luis Jacob et yâhkaskwan mîhkiwap (light tipi) [tipi de lumière] de Cheryl L’Hirondelle et son installation Why the Caged Bird Sings [Pourquoi l’oiseau en cage chante-t-il ?]. Ces projets, parmi bien d’autres, célèbrent les petits gestes collectifs qui résonnent et s’amplifient. Dans chaque itération du projet Des chansons d’amour pour mettre fin à la colonisation, chaque chanson est une allumette, nous sommes chacun·e·s une étincelle. Nous rejoignons la petite fumée qui s’élève loin, comme une flamme éternelle qui consume la maison.

Libéré·e·s du poids du colonialisme, dans un rêve éveillé lunaire, nous traçons nos propres orbites et nos propres relations. Ce que nous y gagnons n’est pas les quinze minutes de gloire promises, mais la prise de conscience que nous sommes de la matière des étoiles. Ensemble, nous devenons une constellation, une galaxie. Baignant sous les lumières des néons plutôt que sous les projecteurs, nous sommes invité·e·s à laisser briller nos petites lumières.

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Jimmie Kilpatrick
est un musicien, écrivain, éducateur et artiste interdisciplinaire établi à Brandon, au Manitoba. Depuis 2009, il effectue régulièrement des tournées et publie des albums sous l’étiquette torontoise You’ve Changed Records. Kilpatrick a fait ses premières armes dans le rock and roll au début des années 2000 au sein du groupe indie marquant de la côte Est, Shotgun and Jaybird. Il a participé à des enregistrements de John K. Samson, Christine Fellows, Joel Plaskett et By Divine Right. Son album Transistor Sister, paru en 2011, a figuré sur la longue liste du Prix de musique Polaris du Canada.

Peter Morin est le petit-fils d’artistes ancestraux·ales tahltan·e·s. Les œuvres artistiques de Morin peuvent être classées en quatre thèmes : l’expression de la terre/du savoir, l’expression du deuil/de la perte autochtones, l’expression du savoir communautaire et la compréhension de l’agence créative/du pouvoir du corps autochtone. Son travail se déroule dans des galeries, au sein de la communauté, en collaboration et sur le territoire. Toutes ses œuvres s’inspirent des rêves, des ancêtres, des membres de sa famille et de l’art de la performance comme méthode de recherche. Peter Morin occupe actuellement un poste permanent à la faculté des arts de l’Université de l’École de l‘art et de design de l’Ontario à Toronto.

Tomas Jonsson a commissarié, présenté et performé des œuvres au Canada et à l’étranger. La famille de Tomas a quitté le Danemark pour s’installer à Montréal en 1969, avant de poursuivre son voyage vers l’ouest jusqu’à ce qu’elle décide finalement de s’établir à Calgary, où il est né en 1975. Une grande partie de sa pratique consiste à démêler et à comprendre ce parcours, ainsi que sa relation avec un lieu qu’il connaît désormais aussi sous le nom de Mohkinstsis, entre autres. Tomas vit actuellement à oskana ka-asasteki, également connu sous le nom de Pile of Bones, ou encore Regina.